© DR"Privatisation, précarisation et même punition d'un grand nombre de Français". Voilà en trois mots comment François Hollande a caractérisé la politique menée par le gouvernement. S'exprimant devant quelque sept cents secrétaires de section, le premier secrétaire du Parti socialiste a accusé dimanche le pouvoir de "punir les Français". François Hollande s'est livré à un réquisitoire de l'action du gouvernement, qui "fait de son impopularité une impunité". "Rien ne l'atteint, ni les échecs électoraux, ni les manifestations de rue", a-t-il dit.
Et d'ironiser notamment sur les 1 000 jours de Jean-Pierre Raffarin comme Premier ministre. "J'ai compté l'inverse : combien de jours reste-t-il pour nous en libérer? 800!", a-t-il dit, assurant néanmoins que "le temps inexorablement joue pour nous", la gauche. Le patron du PS s'en est pris en outre à "Nicolas Sarkozy, Narcisse au pays de l'UMP". "Nicolas Sarkozy est entré en campagne pour lui-même. Il s'aime, se célèbre, se congratule, il se souhaite un anniversaire grand public", a-t-il raillé. Selon François Hollande, le président de la République "ne préside plus (...), le Premier ministre ne dirige plus (...), des ministres ne gouvernent plus", et "la majorité ne soutient même plus le gouvernement".
Maîtriser le temps
Evoquant les récents mouvements sociaux, notamment dans le secteur public, il a appelé les socialistes à les "soutenir" et à participer aux "grandes mobilisations" du 5 février, convoquées par les centrales syndicales pour la défense des 35 heures, du pouvoir d'achat et de l'emploi.
Le premier secrétaire du PS a aussi mis en garde ses amis contre toute précipitation dans la perspective de l'élection présidentielle de 2007. Il leur a demandé de "maîtriser le temps", alors que Jack Lang s'est mis, cette semaine, sur les rangs pour l'investiture élyséenne et que le numéro 2, Laurent Fabius, a réuni samedi six cents partisans, adressant une série de critiques implicites du premier secrétaire.
Le numéro un du PS s'est fixé pour mission de "veiller" à ce que les socialistes soient "unis, rassemblés, forts". François Hollande a répondu indirectement au numéro 2 du PS Laurent Fabius, qui avait réclamé la veille "une opposition frontale" au gouvernement. Le PS, dans la construction de son projet, doit "prendre le risque d'être pleinement socialiste, et sans forcer le trait, nul n'a besoin de le faire aujourd'hui".
(Photo. François Hollande dimanche 30 janvier/DR)
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