Sarkozy pour des quotas d'immigration

Par , le 13 janvier 2005 à 16h05 , mis à jour le 13 janvier 2005 à 16h51

Lors de ses voeux à la presse, le président de l'UMP s'est prononcé pour "une immigration subie, et non pas choisie". Par ailleurs, il a réaffirmé son opposition à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Concernant 2007, il a estimé que l'UMP devrait déterminer par un vote militant son candidat à la présidentielle.

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"Libre mais raisonnable". En marge de son discours lors des vœux à la pesse, Nicolas Sarkozy résume son état d'esprit en ce début d'année 2005, "une année non pas de transition mais de construction pour son parti, et pour lui". "Libre" car le président de l'UMP n'entend pas se laisser priver de sa volonté de dire ce qu'il pense mais "raisonnable" aussi tant il ne veut pas apparaître aux yeux de l'opinion comme celui qui divisera la droite avec des querelles de personnes.

Pendant une heure et demie, Nicolas Sarkozy s'est donc appliqué à défendre, sans "petites phrases", ses idées, quitte à se démarquer des positions de Jacques Chirac, dont l'ombre a plané sur la conférence de presse. Pour garder un coup d'avance sur son rival de l'Elysée, l'ancien patron de Bercy a notamment choisi de jeudi le débat sur l'immigration, "on pensait la question réglée, alors qu'elle ne l'est pas". Déjà partisan de la "discrimination positive", il a appelé à une politique d'immigration "repensée, redéfinie et profondément renouvelée" et a plaidé pour la création d'un ministère uniquement consacré à ces questions. "Il nous faut réfléchir à la désignation d'un ministère qui soit véritablement en charge de la problématique de l'immigration et de l'intégration, au lieu d'avoir comme aujourd'hui trois administrations ( celles des Affaires étrangères, de l'Intérieur et des Affaires sociales) en charge des mêmes questions, avec des logiques contradictoires", a-t-il déclaré.

Pour lui, "la question des quotas, c'est-à-dire d'une immigration choisie au lieu d'une immigration subie, doit faire l'objet de débats approfondis, sans exclusive et sans tabou". "Je n'observe pas que cette question ait transformé d'autres grandes démocraties en dictatures", a-t-il lancé. Dans une interview au Figaro, le 25 novembre, Dominique de Villepin avait lui souligné que la logique de quotas par nationalité "ne correspond pas à notre tradition républicaine".

Sur un autre sujet, mais ce n'est là pas une surprise, Nicolas Sarkozy s'est aussi clairement démarqué du chef de l'Etat. En effet, il a choisi d'organiser début mars un nouveau vote du Conseil national de l'UMP sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. "Quel statut pour la Turquie entre l'intégration ou l'association ? " Telle sera la question soumise à cette instance, lui se prononçant pour "un statut de partenaire privilégié" alors que Jacques Chirac souhaite une adhésion d'Ankara. En revanche, il lui a expliqué mercredi qu'il entendait s'engager pleinement pour le "oui" dans la bataille référendaire à venir.

Des primaires pour 2007

Interrogé sur la baisse d'impôt annoncée par Jacques Chirac et jugé "raisonnable" par son successeur Hervé Gaymard, Nicolas Sarkozy s'est habilement démarqué de ce choix fiscal : "Qu'est-ce que vous voulez qu'il dise, le ministre des Finances ? Ne soyez pas cruel avec lui ! Qu'est-ce que vous voulez que le ministre des Finances dise ? Peut-être que le président de l'UMP est un peu plus libre pour parler (…) Moi, je dis simplement qu'il ne peut y avoir de  baisses d'impôt qui ne soient financées par des réductions de dépenses. Donc applaudissons tous aux baisses d'impôts mais préparons-nous à soutenir des réductions de dépenses et d'effectifs."

Enfin, morceau de choix de la conférence de presse, Nicolas Sarkozy a estimé que l'UMP devrait déterminer par un vote son soutien au candidat à la présidentielle. "On peut être candidat en dehors d'un parti politique. Mais l'UMP soutiendra un candidat. La question qui se pose est: comment choisira-t-elle ce candidat ? Je souhaite que ce soit par la démocratie et un vote le plus large possible", a-t-il affirmé. Même principe pour les municipales, et notamment celles de la capitale "Ce sont les adhérents et eux seuls qui désigneront le candidat à la mairie de Paris. Il s'appliquera à tous: élus, ministres, militants", a-t-il ajouté. Pour Nicolas Sarkozy, cette méthode devrait être retenue "dans toutes les grandes villes ou circonscriptions" dépourvues de candidat sortant ou peinant à trouver un candidat qui s'impose.  Il réfléchit par ailleurs à la "possibilité de faire ratifier les investitures législatives par un vote de l'ensemble des adhérents de chaque circonscription".

Par Renaud Pila le 13 janvier 2005 à 16:05
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