L'UDF en marche pour "l'alternance" de 2007

le 21 janvier 2005 à 22h28 , mis à jour le 21 janvier 2005 à 22h40

Réitérant ses critiques à l'égard du chef de l'Etat et de ses "promesses intenables", François Bayrou a réaffirmé vendredi la "liberté de parole" de l'UDF. Une manière, selon Marielle de Sarnez, de positionner le parti centriste dans la perspective d'une "alternance" en 2007.

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François Bayrou a renouvelé vendredi en ouvrant le congrès de l'UDF à Paris ses critiques contre les "promesses intenables" faites par le président Jacques Chirac et le gouvernement et a revendiqué sa liberté de parole. Il a par la même occasion posé son parti en "force d'opposition, non pas au gouvernement et non pas aux autres partis, mais au marasme du pays". "L'UDF a vocation à gouverner un jour, à être une alternance en France", a estimé de son côté la députée européenne Marielle de Sarnez. L'UDF considère ce congrès comme le démarrage d'une période de 24 mois pendant laquelle elle va "conduire les assises du changement", en faisant des propositions sur divers sujets, a-t-elle expliqué.

Reprenant un thème de la campagne de Jacques Chirac en 1995, François Bayrou a souligné que la "fracture sociale ne s'est pas résorbée, elle s'aggrave. Elle atteint aujourd'hui les salaires moyens". Pour tenter de remédier à cette "nouvelle fracture sociale", l'UDF proposera dimanche au dernier jour du congrès "une nouvelle politique des salaires".

"La pensée de l'UDF ne se laissera pas aligner"

Alors que ses récentes attaques contre les promesses "mirobolantes" de Jacques Chirac et du gouvernement ont été épinglées, à droite comme à gauche mais aussi au sein de son propre parti par Gilles de Robien, seul ministre UDF, il a réaffirmé que "la pensée de l'UDF ne se laissera pas aligner". "Nous continuerons à parler au président de la République, parce que c'est le président de la République qui est le premier responsable, parce qu'il n'y a pas en France de crime de lèse-majesté", a-t-il affirmé sous des applaudissements nourris de l'assistance. Il s'en est particulièrement pris aux engagements répétés du chef de l'Etat et du gouvernement de parvenir à une baisse de 30% de l'impôt sur le revenu d'ici la fin du quinquennat.

François Bayrou entend ainsi montrer que même si l'arrivée de Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP l'a privé du monopole de la critique au sein de la droite, il a davantage de liberté de parole que l'ancien ministre de l'économie.

Le chef de l’UDF a par ailleurs affirmé vendredi que l'UDF défendrait "dans sa grande majorité" le oui au référendum sur la constitution européenne, sans occulter le sujet de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, à laquelle elle est opposée. Son entourage estime qu'environ 10% des adhérents de l'UDF sont opposés à la constitution européenne, et que 15% à 20% sont pour l'adhésion de la Turquie. "Je proposerai que le vote de notre résolution commune, demain, dise de la manière la plus claire (...) notre engagement et notre détermination pour le oui au référendum", a ajouté François Bayrou.

Photo d’ouverture : François Bayrou, vendredi soir - DR

le 21 janvier 2005 à 22:28
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