© TF1Gaz de France a reconnu mercredi l'existence d'une fente sur la canalisation en fonte située près de l'immeuble de Mulhouse où une explosion a fait 17 morts fin décembre. Mais alors que le procureur de la République Régis Delorme avait indiqué que cette fente était "l'origine probable" de la fuite de gaz qui a provoqué l'explosion, GDF a souligné qu'il fallait continuer les travaux d'expertise "pour déterminer si la fuite est une cause ou une conséquence de l'accident". "Des investigations complémentaires devraient permettre de déterminer s'il y a eu possibilité de cheminement du gaz naturel avant l'accident dans les sous-sols de l'immeuble", a continué Gaz de France. Malgré tout, "si cette enquête venait à démontrer que cette canalisation était à l'origine de l'accident, Gaz de France rappelle qu'il assumerait toutes ses responsabilités".
Mais sans attendre ces "investigations complémentaires", le ministre de l'Industrie Patrick Devedjian a demandé à GDF l'accélération du "programme national de résorption des canalisations en fonte grise", au plus tard "avant la fin 2007". Souhaitant que la surveillance des canalisations en fonte grise soit renforcée en attendant leur remplacement, il a demandé qu'à Mulhouse, elles "soient prioritairement remplacées, dans la mesure des possibilités dès 2005". Depuis 1980, GDF a lancé un programme de remplacement de ces canalisations par du polyéthylène. La fonte grise représente aujourd'hui 1,2% du réseau de distribution.
La fédération CGT Mines-Energie estime pour sa part "possible" d'affecter "trois euros par an et par abonné" pour l'amélioration de la sécurité des conduites de gaz sur tout le territoire. Ce syndicat a évalué à "500 millions d'euros", le coût du remplacement des 3.000 km de "fontes grises" cassantes (tuyaux en fontes anciennes) en France, dont "2.000 km se situent en zone sensible", selon la CGT.
Aucune anomalie, selon GDF
Soulignant qu'au 26 décembre il restait dans sa ville "24 km de conduites en fonte cassante, dont la portion de 105 m qui se trouvait devant les immeubles sinistrés", le maire de Mulhouse Jean-Marie Bockel (PS) avait déjà souligné mardi que "de grands accidents récents liés au gaz de ville sont dus à cette obsolescence (de la fonte grise) insuffisamment prise en compte", rappelant notamment un accident qui avait fait 11 morts et 3 blessés dans un immeuble à Dijon en décembre 1999.
Mais ce n’est pas l’avis de GDF, qui a précisé que les canalisations concernées avaient été inspectées à deux reprises en 2004, en février et le 10 décembre - cinq jours après un séisme d'une magnitude de 4,9 degrés sur l'échelle de Richter qui avait secoué la région -, sans qu'aucune anomalie n'ait été constatée. Aucun appel pour odeur de gaz n'a par ailleurs été reçu par GDF dans les heures qui ont précédé l'explosion. Le groupe a précisé qu'il avait commandé une mission d'audit "pour faire toute la lumière sur les circonstances, les causes, et les conséquences" de cette explosion, la plus meurtrière due au gaz dans un immeuble d'habitation en France depuis 30 ans. Un premier rapport est attendu d'ici la fin de la semaine.
(Photo : l'immeuble détruit à Mulhouse/TF1)
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