© INTERNELa mairie de Villefranche-sur-Saône a averti les parents d'une vingtaine d'élèves refusant de manger de la viande à la cantine, qu'ils pourraient être exclus des restaurants scolaires. Les parents des enfants de confession musulmane font valoir que la viande servie n'est pas halal, c'est-à-dire préparée selon le rite musulman.
L'adjointe au maire chargée des affaires scolaires, Andrée Chambefort, a précisé qu'il s'agissait d'élèves d'une école maternelle et d'une école élémentaire de la ville. "J'ai fait un courrier aux familles pour leur dire qu'on ne pouvait pas répondre à tous les particularismes", a-t-elle expliqué, soulignant que des viandes étaient toujours proposées en alternative au porc. Elle s'est indignée qu'un enfant puisse "rester à l'école de 08H00 à 16H30 avec seulement dans le ventre une orange".
"On n'a pas demandé de remplacer la viande par du poisson ou par de la viande halal"
Des parents ont réagi aux courriers en signant une pétition de protestation, qui a recueilli pour l'instant 29 signatures, a indiqué la mère de deux élèves de maternelle, Farida Saadi, qui dit avoir retiré ses enfants de la cantine depuis novembre. Elle s'est émue que l'on "oblige les enfants à manger des choses qu'ils ne veulent pas". "Il y a des enfants qui ne mangent pas de légumes ou de poisson. Pourquoi on ne leur envoie pas de courrier ?", s'est-elle indignée, affirmant que ses enfants mangeaient à la cantine des légumes, des yaourts, des desserts, et de la viande halal le soir à la maison. "On n'a rien demandé. On n'a pas demandé de remplacer la viande par du poisson ou par de la viande halal", insiste-t-elle.
L'adjointe souligne que les cas litigieux concernent "une toute petite minorité" sur les centaines d'élèves qui mangent quotidiennement dans les cantines scolaires de Villefranche. "La majorité des élèves de familles musulmanes consomment ce qu'on leur sert", a-t-elle affirmé.
"C'est une atteinte aux droits de l'enfant et aux droits de l'homme", a déclaré Ahmed Khenniche. Le président du MRAP-Rhône-Alpes, qui "demande à la municipalité de revenir sur sa position", a annoncé qu'il allait "examiner, du point de vue judiciaire, les suites à donner à cette affaire".
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