© INTERNEEric de Montgolfier, procureur de la République à Nice depuis 1999, évoque l'affaire Johnny Hallyday, accusé de viol par une hôtesse, dans une interview au journal Le Monde daté du 19 février. "On peut être une vedette internationale, une gloire de la France, mais cela ne donne à personne, si c'est le cas, le droit de commettre un crime", déclare le procureur à propos de ce dossier instruit par deux juges niçois.
"C'est sûr cette affaire est suivie comme le lait sur le feu. C'est vrai que M. Smet est un proche des cercles politiques", déclare le procureur interrogé sur l'intérêt suscité par cette affaire à la Chancellerie. Mais il met en garde les politiques. "Si on est certain de l'innocence de quelqu'un, on peut faire des déclarations publiques, impressionner les juges, les procureurs ou les victimes, mais il faut être sûr. Parce que sinon, si à la fin on démontrait la culpabilité, cela pourrait être terrible pour ceux qui auront joué les protecteurs", prévient-il.
"Pourquoi on nous a dit ça ?"
Dans l'affaire Hallyday, Marie-Christine Vo, 35 ans, accuse le chanteur d'avoir forcé l'entrée de sa cabine, puis de l'avoir violée dans la nuit du 28 au 29 avril 2001. Johnny Hallyday qui a toujours clamé son innocence, affirme avoir seulement frappé à la porte de la cabine de l'hôtesse pour lui réclamer un verre d'eau.
Après s'être rendu avec deux juges instructeurs à bord du bateau où se sont déroulés les faits présumés, Eric de Montgolfier déclare dans cette interview : "On nous dit 'S'il y avait eu viol (...) tout le monde aurait entendu les cris'. Désolé, l'expérience menée sur le bateau montre précisément l'inverse. Il faut se demander pourquoi on nous a dit ça".
"Le culte du mystère"
Eric de Montgolfier évoque également la situation du tribunal de Nice, éclaboussé par des affaires de corruption et d'influences maçonniques. "Au bout de six ans, j'ai le sentiment qu'il reste plus à faire que ce qui a été fait", estime le procureur qui avoue avoir été surpris par la "densité de comportements qui s'écartaient de la règle".
Sur la maçonnerie en particulier, le magistrat explique que le problème "ne pourra pas être réglé tant qu'il y aura des associations faisant du mystère un culte". "Le problème, ce n'est pas la maçonnerie mais le secret qui l'entoure et le fait qu'une fraction de ses membres s'en servent pour leurs affaires", estime le magistrat.
(Image : Eric de Montgolfier)
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