© INTERNELa réforme du baccalauréat n'aura pas lieu. En tout cas, pas tout de suite. L'Assemblée nationale a adopté vendredi un amendement du gouvernement supprimant les dispositions concernant une réforme du baccalauréat dans le projet de loi sur l'école. Ces dispositions, inscrites dans le rapport annexé au projet de loi, prévoyaient que le baccalauréat comprendrait "six matières" à l'examen final et "d'autres formes de contrôle" en cours d'année.
"Je n'abandonnerai pas cette idée"
"La modernisation du baccalauréat est indispensable avec moins d'épreuves terminales et, soit une part de contrôle continu, soit une part de contrôle en cours de formation", a réaffirmé le ministre de l'Education nationale François Fillon. "Mais on ne peut réformer si la suspicion demeure", a-t-il ajouté. "J'ai demandé que l'on se remette au travail en repartant d'une page blanche, c'est à dire en prenant plus de temps pour y réfléchir et sans y mettre de condition de départ à la réflexion", a-t-il poursuivi. "Beaucoup m'ont dit qu'ils reviendraient autour de cette table de réflexion, je suis plutôt optimiste, mais en tout cas je ne n'abandonnerai pas cette idée", a-t-il affirmé.
Accusé par Jean-Pierre Blazy (PS) d'avoir "fait preuve d'un manque de prudence, d'un manque de pédagogie", François Fillon a rappelé qu'"en 1991 Lionel Jospin annonçait une réforme du baccalauréat pour 1995". "On a peut-être été moins prudent", a-t-il admis, mais "la question est de savoir si entre 1991 et 2005, il ne s'est pas écoulé trop de temps".
Des dispositions contestées
En ouvrant le débat sur la réforme de l'Ecole le 15 février à l'Assemblée, François Fillon avait réitéré son engagement, annoncé deux jours auparavant, de supprimer ces dispositions très contestées par les lycéens.
Guy Geoffroy (UMP) a défendu la réforme qui n'a "aucune intention malfaisante" et demandé à l'opposition "de faire un front républicain sur la validation des acquis de l'expérience, c'est-à-dire la prise en compte notamment du contrôle en cours de formation".
Rejetant l'idée de "front républicain", Henri Emmanuelli (PS) a jugé que "personne n'est hostile à l'évolution du bac, surtout pas les jeunes". "Tout le monde est d'accord sur le contrôle continu, a-t-il dit, mais reste le problème de l'égalité" à travers notamment, "l'anonymat".
(Image/L'épreuve du bac/archives)
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