Image d'archives © INTERNEGérard Cianelli et Hervé Santelli, les deux instigateurs d'une tentative d'attentat commise en mars 2002 contre le maire de Bastia, Emile Zuccarelli, ont été condamnés vendredi respectivement à 10 et 8 ans de prison par la cour d'assises spéciale de Paris. Les quatre autres accusés ont été condamnés à des peines de prison ferme pour partie assorties du sursis. Tous les accusés ont été reconnus coupables d'avoir participé à une opération terroriste consistant à poser une bombe devant l'appartement d'Emile Zuccarelli, dans la nuit du 23 au 24 mars 2002. La tentative d'attentat avait tourné court, à la fois en raison du défaut de fonctionnement d'un des détonateurs reliés à la charge explosive et de l'intervention des policiers qui avaient achevé de désamorcer l'engin.
Benjamin Masclef, 25 ans, et Stéphane Vincent, 35 ans, qui se trouvaient dans l'immeuble de M. Zuccarelli le soir de la tentative d'attentat et avaient notamment menacé un couple qui passait dans la cage d'escalier, ont été condamnés à cinq ans d'emprisonnement dont trois avec sursis. Ces deux accusés qui comparaissaient libres ont été interpellés à l'issue du verdict pour effectuer le reste de leur peine, leur détention préventive ne couvrant pas la peine qui leur a été infligée. Jean-Toussaint Bernardini, 23 ans, qui avait fait le guet près de l'appartement, a été condamné à cinq ans d'emprisonnement dont quatre avec sursis et Jean-François Semeria, 23 ans, mis en cause pour avoir surveillé depuis l'extérieur les abords de l'immeuble, a été condamné à quatre ans d'emprisonnement dont 42 mois (trois ans et demi) avec sursis.
L'avocat général François-Louis Coste avait jeudi réclamé une peine de douze ans de réclusion criminelle à l'encontre de Cianelli et de Santelli, voyant dans cette opération terroriste "un attentat contre la liberté d'expression, contre un élu, contre la démocratie". Cianelli, médecin bastiais, avait assumé, au cours de l'instruction et lors des débats, "l'entière paternité" de cette action visant le député-maire PRG de Bastia.Cette opération commando était liée aux prises de position de M. Zuccarelli contre le processus de Matignon qui accordait plus d'autonomie à la Corse.
Photo : Emile Zuccarelli (archives-DR)
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