La défense du "lampiste" pour clore le procès

le 23 février 2005 à 19h15 , mis à jour le 23 février 2005 à 19h22

Le procès des écoutes de l'Elysée s'est conclut sur la défense de Christian Prouteau, désigné comme le lampiste dans cette affaire par son avocat. Le tribunal rendra sa décision le 20 avril.

Prouteau procès écoutes elysée

Le procès des écoutes de l'Elysée s'est achevé mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris avec la plaidoirie de l'avocat de Christian Prouteau, l'ex-patron de la cellule, décrit comme un "lampiste" qui n'a fait qu'"obéir aux ordres". Le tribunal rendra sa décision le 20 avril.

Les mains "salies sur ordre"

"Arrêtez de tirer sur le lampiste !", a lancé Me Francis Szpiner en se tournant vers les parties civiles, contre lesquelles il a adressé ses attaques, décochant tout particulièrement ses flèches au journaliste du Monde Edwy Plenel, l'une des principales victimes de ce dossier. "Ils se sont sali les mains sur ordre avec l'aval de l'Etat", a-t-il dit à propos des prévenus, "mais les exécutants n'ont pas à s'excuser des fautes que des Premiers ministres ont commises".

A propos d'Edwy Plenel, écouté entre 1985 et 1986, il a ainsi jugé qu'il n'était "pas illégitime pour l'Etat de savoir quels sont ceux de ses serviteurs qui le trahissent", référence à certaines des sources du journaliste, qui émanaient du pouvoir et que l'Elysée voulait connaître.

Larmes

"Christian Prouteau est ce que notre armée a produit de meilleur, il n'est ni un homme d'argent ni un courtisan", a-t-il poursuivi. Puis, solennel, il a lu un courrier du père de son client, lui aussi gendarme, dans lequel ce dernier écrit que Christian Prouteau a "exécuté avec honneur et fidélité" la "mission que lui avait confiée le chef des armées".

A l'évocation de son père, Christian Prouteau fond en larmes. Francis Szpiner achève alors sa plaidoirie : "Mon commandant, se fut un honneur pour moi, pendant ces longues années de procédure, d'être à vos côtés".

Avant ensuite de clore les débats, le tribunal a donné une dernière fois la parole à chacun des douze prévenus. "S'il y a un responsable, ce n'est que moi!", a lancé Christian Prouteau contre lequel une peine de 10 mois de prison avec sursis et 8.000 euros d'amende a été requise.

Honneur "revendiqué"

"Je revendique l'honneur d'avoir servi le président de la République", a de son côté déclaré au tribunal Gilles Ménage, ancien directeur de cabinet adjoint de François Mitterrand à l'Elysée, contre lequel le parquet a réclamé la même peine que pour Christian Prouteau.

"Cette période a été difficile. La conquête du pouvoir est une chose, son exercice en est une autre", a-t-il poursuivi. "Il n'existe pas une raison d'Etat mais des raisons de l'Etat pour agir (...) Je vous demande de prendre en compte ce qu'est l'intérêt de l'Etat", a conclu Gilles Ménage.

Comme souvent lors de ce procès, Paul Barril, pour lequel une relaxe a été requise, a une fois encore provoqué les rires de l'assistance en déclarant qu'il s'en remettait "à la sagacité de ce tribunal".

Image : Christian Prouteau

le 23 février 2005 à 19:15
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