© LCPL'examen de la proposition de loi UMP sur la réforme des 35 heures s'est ouvert mardi à l'Assemblée, donnant lieu à un dialogue de sourds entre la droite, qui prône la "liberté" des salariés, et la gauche, qui parle de "mensonge" et de "marché de dupes".
Les trois principaux articles du texte proposent un assouplissement considérable du recours au compte épargne-temps, la création d'un régime d'"heures choisies" permettant de travailler au-delà du contingent annuel d'heures supplémentaires (220 heures depuis décembre), et la prorogation du régime spécifique applicable aux entreprises de 20 salariés au plus.
Evoquant les "menaces" des lois Aubry sur la croissance et leur bilan social mitigé, Pierre Morange, un des quatre députés UMP signataires de la proposition de loi, a réaffirmé que ce texte avait pour but de permettre aux salariés de "travailler plus pour gagner plus". Il a affirmé que ce dispositif constituait "un élément de souplesse supplémentaire et non une remise en cause des 35 heures".
"Mensonges" selon Hollande
Argumentant que la proposition obéissait à "une démarche pragmatique et réaliste" dont "l'accord collectif est la clé de voûte", Gérard Larcher (Travail) a rappelé au nom du gouvernement que "les lignes directrices des assouplissements" contenus dans le texte avaient été fixées en décembre par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin dans son "contrat France 2005".
Le premier secrétaire du PS s'en est précisément pris au choix du gouvernement de s'en remettre à une proposition de loi pour effectuer cette réforme, dénonçant dans les couloirs de l'Assemblée "une lâcheté" permettant d'éviter l'avis du Conseil d'Etat et la concertation syndicale. François Hollande a en outre qualifié de "mensonge" l'offre de "travailler plus pour gagner plus", jugeant que les salariés "ne vont pas forcément travailler plus mais risquent de gagner moins". Le président du groupe PCF, Alain Bocquet, a également évoqué un "marché de dupes".
Mardi après-midi, les députés ont rejeté une première motion de procédure défendue par Jean Le Garrec (PS), qui, s'interrogeant sur l'opportunité de cette réforme, a considéré qu'elle résultait à la fois des "pressions du patronat" et d'"enjeux politiques" internes à la majorité, et prédit que "les salariés manifesteront très nombreux samedi prochain en France". Les débats devraient se poursuivre jusqu'à jeudi soir, le texte étant soumis au vote solennel de l'Assemblée mardi prochain.
Le PS appelle à manifester samedi |
Le Parti socialiste a appelé mardi les salariés du secteur privé et les fonctionnaires à participer "massivement" aux manifestations de samedi pour défendre les 35 heures. "Le gouvernement fuit la discussion avec des partenaires sociaux unanimement opposés à la remise en cause des 35 heures, tant dans le secteur privé que public", dénonce le PS dans un communiqué. La quasi-totalité des organisations syndicales appellent à des manifestations samedi dans toute la France pour "défendre le temps de travail et le pouvoir d'achat". Elles espèrent réussir une nouvelle démonstration de force, après la mobilisation du 20 janvier, où plus de 200.000 fonctionnaires étaient descendus dans la rue.
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