L'empoisonneur présumé s'est suicidé

Par A.Ga. (d'après AFP), le 02 février 2005 à 07h00 , mis à jour le 02 février 2005 à 09h23

Roland Bondonny devait comparaître jeudi et vendredi devant la cour d'appel de Limoges. Cet empoisonneur présumé d'animaux avait été condamné à un an de prison ferme en première instance. Il s'est pendu dans sa cellule.

Justice Picto Vignette bleue © INTERNE

Il s'est toujours dit victime de la vindicte populaire, de "ragots" et de "calomnie". Roland Bondonny, un empoisonneur présumé d'animaux, s'est pendu dans sa cellule dans la nuit de mardi à mercredi. Il devait comparaître mercredi et jeudi devant la cour d'appel de Limoges. Soupçonné d'avoir tué des dizaines de chiens et chats entre août 1998 et février 2001 dans le nord de la Corrèze, il avait été placé en détention provisoire à Tulle fin octobre.

"L'action publique est éteinte", a affirmé l'avocat général de la Cour d'appel, Lionel Chassin, devant les dizaines de parties civiles venues assister au procès et alors que résonnaient les cris de la famille de Roland Bondonny. "Rien ne laissait penser à cela", a affirmé Me Labrousse, l'avocat du suspect. "Je n'ai pas d'explications. Il était confiant dans son innocence", a-t-il souligné. "C'est un dossier qui laissera beaucoup de doute et beaucoup d'amertume", a-t-il précisé.

140 chiens et chats tués

L'homme âgé de 72 ans avait été condamné en octobre 2003 à deux ans de prison dont un ferme en première instance par le tribunal correctionnel de Tulle. Ce négociant en vin et ancien conseiller municipal RPR d'Egletons avait également été condamné à verser plus de 111.000 euros de dommages et intérêts aux quelque 90 parties civiles, particuliers, communes ou associations de chasse. Les juges avaient estimé que ce propriétaire d'un vaste domaine de chasse avait voulu se venger d'autres chasseurs après des querelles et des jalousies.

Ce notable influent - décrit lors des audiences comme un "roitelet" voulant imposer sa loi en haute Corrèze - avait été reconnu coupable d'avoir empoisonné 140 chiens et chats à l'aide de petites boulettes composées d'un mélange de viande et d'un insecticide très puissant, le Carbofuran. La moitié des animaux visés avait succombé.

Complicité d'assassinat

Les premières boulettes empoisonnées sont apparues en Corrèze à la fin de l'été 1998, à Egletons et ses alentours. C'est finalement en février 2001, après plus de deux ans de psychose, de rumeurs et un déploiement exceptionnel de moyens que le notable d'Egletons avait été arrêté et mis en examen pour "sévices et actes de cruauté envers animaux". Après son arrestation et son interdiction de séjour dans le nord de la Corrèze, les empoisonnements d'animaux s'étaient poursuivis, la dernière vague ayant eu lieu en décembre 2002.

Me Labrousse devait demander un report d'audience, à la suite de nouvelles mises en examen signifiées à son client ces derniers mois, pour complicité d'assassinat et complicité "de sévices et actes de cruauté envers animaux" après le décès d'un des principaux témoins à charge, Marius Lac, un ancien gendarme de 65 ans, retrouvé mort en août 2003 à son domicile en Corrèze. La justice le suspecte d'avoir voulu se débarrasser de ce témoin en faisant appel à un homme de main, Alain Bodchon, 52 ans, lui-même mis en examen pour "assassinat" et écroué à Guéret (Creuse).

Roland Bondonny avait en outre été mis en examen la semaine dernière pour d'autres empoisonnements d'animaux survenus entre juillet 2001 et décembre 2002, a indiqué le procureur de Tulle, Yves Squercioni.

Par A.Ga. (d'après AFP) le 02 février 2005 à 07:00
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