Erika : prochaine étape, le procès

Par AG (avec afp), le 21 février 2005 à 08h06 , mis à jour le 21 février 2005 à 18h05

La cour d'appel de Paris s'est prononcée lundi contre une nouvelle expertise du naufrage du pétrolier Erika, ouvrant ainsi la voie à la tenue d'un procès.

erika © INTERNE

Il n'y aura pas de troisième expertise sur le naufrage de l'Erika. Cinq ans après le naufrage du pétrolier maltais au large des côte bretonnes, la cour d'appel de Paris vient de trancher. L'affaire va désormais pouvoir être renvoyée devant un tribunal et être jugée. Une décision qui va à l'encontre du parquet général, qui s'était déclaré favorable à une nouvelle expertise. Lundi, Total a déclaré "prendre acte" de la décision de la Cour d'appel.

Au coeur de ce débat d'experts sur les causes du naufrage de l'Erika, qui avait entraîné en décembre 1999 une gigantesque marée noire au large des côtes bretonnes, se jouait le sort judiciaire de Total, mis en examen pour "complicité de mise en danger de la vie d'autrui et pollution maritime".

Bataille d'experts

Une première expertise ordonnée par le juge Dominique de Talancé a conclu que le sinistre était lié à des fissures sur le pont, décelables lors des contrôles que l'affréteur a l'obligation de réaliser. Mais, courant mai 2004, alors que l'enquête était officiellement terminée, Total a versé au dossier un "pré-rapport d'étape" réalisé par des experts commis par le tribunal de commerce de Dunkerque, le port de départ du pétrolier qui devait rallier Livourne (Italie). Ces experts ont dédouané Total, estimant notamment qu'une corrosion au  niveau de la cuve avait provoqué le sinistre, en entraînant une voie d'eau sous  le niveau de la mer. Selon eux, cette corrosion ne pouvait être décelée par les  inspecteurs chargés par l'affréteur de contrôler le bon état du navire.

Se fondant sur ce nouvel avis, le parquet de Paris avait demandé au juge une nouvelle expertise. Ce dernier l'avait refusée fin juin, arguant "qu'une nouvelle expertise ne pourra surmonter les contradictions entre experts" et "qu'il appartiendra au tribunal de trancher". Une position confirmée aujourd'hui en appel.

Les parties civiles satisfaites

Les représentants des 60 parties civiles, qui attendent depuis 1999 la tenue d'un procès pour déterminer les responsabilités et dédommager les préjudices, sont satisfaits de cette décision. Philippe de Villiers s'est dit "ravi". "Aujourd'hui, la procédure est enfin close, le procès pénal peut s'engager", a considéré le président du Mouvement pour la France (MPF) et président du conseil général de la Vendée, partie civile dans cette affaire. Pour lui la demande d'une nouvelle expertise par Total était une "manoeuvre (qui) visait à faire oublier une première expertise accablante pour le groupe pétrolier dont la responsabilité est en cause dans cette affaire".

Par AG (avec afp) le 21 février 2005 à 08:06
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience