© INTERNEIl n'y aura pas de troisième expertise sur le naufrage de l'Erika. Cinq ans après le naufrage du pétrolier maltais au large des côte bretonnes, la cour d'appel de Paris vient de trancher. L'affaire va désormais pouvoir être renvoyée devant un tribunal et être jugée. Une décision qui va à l'encontre du parquet général, qui s'était déclaré favorable à une nouvelle expertise. Lundi, Total a déclaré "prendre acte" de la décision de la Cour d'appel.
Au coeur de ce débat d'experts sur les causes du naufrage de l'Erika, qui avait entraîné en décembre 1999 une gigantesque marée noire au large des côtes bretonnes, se jouait le sort judiciaire de Total, mis en examen pour "complicité de mise en danger de la vie d'autrui et pollution maritime".
Bataille d'experts
Une première expertise ordonnée par le juge Dominique de Talancé a conclu que le sinistre était lié à des fissures sur le pont, décelables lors des contrôles que l'affréteur a l'obligation de réaliser. Mais, courant mai 2004, alors que l'enquête était officiellement terminée, Total a versé au dossier un "pré-rapport d'étape" réalisé par des experts commis par le tribunal de commerce de Dunkerque, le port de départ du pétrolier qui devait rallier Livourne (Italie). Ces experts ont dédouané Total, estimant notamment qu'une corrosion au niveau de la cuve avait provoqué le sinistre, en entraînant une voie d'eau sous le niveau de la mer. Selon eux, cette corrosion ne pouvait être décelée par les inspecteurs chargés par l'affréteur de contrôler le bon état du navire.
Se fondant sur ce nouvel avis, le parquet de Paris avait demandé au juge une nouvelle expertise. Ce dernier l'avait refusée fin juin, arguant "qu'une nouvelle expertise ne pourra surmonter les contradictions entre experts" et "qu'il appartiendra au tribunal de trancher". Une position confirmée aujourd'hui en appel.
Les parties civiles satisfaites
Les représentants des 60 parties civiles, qui attendent depuis 1999 la tenue d'un procès pour déterminer les responsabilités et dédommager les préjudices, sont satisfaits de cette décision. Philippe de Villiers s'est dit "ravi". "Aujourd'hui, la procédure est enfin close, le procès pénal peut s'engager", a considéré le président du Mouvement pour la France (MPF) et président du conseil général de la Vendée, partie civile dans cette affaire. Pour lui la demande d'une nouvelle expertise par Total était une "manoeuvre (qui) visait à faire oublier une première expertise accablante pour le groupe pétrolier dont la responsabilité est en cause dans cette affaire".
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