Euthanasie : le cardiologue était innocent

Par R.P, le 16 février 2005 à 17h27 , mis à jour le 16 février 2005 à 18h36

Le Monde révèle que la justice a rendu un non-lieu au bénéfice d'un médecin mis en examen pour l'homicide de neuf de ses patients incurables. Fait rarissime, cette décision va faire l'objet d'un communiqué dans la presse compte tenue de la médiatisation de l'affaire.

Justice Picto Vignette bleue © INTERNE

Cinq années d'instruction et près de 250 auditions ont permis de laver l'honneur du cardiologue Joël de Bourayne. Aujourd'hui âgé de 58 ans, l'homme s'est évanoui à l'annonce du non-lieu. Un moment qu'il attendait depuis près de cinq années.

Rappel des faits. Début juillet 2000, la presse fait ses gros titres sur des "morts suspectes" à la clinique de la Martinière de Saclay, dans l'Essonne. Sur la foi de dénonciations d'une kinésithérapeute, le procureur d'alors, Laurent Davenas, ouvre une information judiciaire pour "homicides volontaires, violences volontaires sur personnes vulnérables et non-assistance sur personnes en péril". Selon les dires de cette femme, une déléguée syndicale battue lors d'élections au CE, le Dr de Bourayne aurait "euthanasié" vingt-cinq patients avec des substances potentiellement létales. Après l'expertise des dossiers, le cardiologue est mis en examen en octobre 2000 pour le meurtre de neuf patients et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de poursuivre ses activités au sein de l'établissement. l

Mois après mois, les auditions des personnels de la clinique mettent un à jour une autre réalité : nombreux sont ceux qui évoquent la "vengeance" dont le cardiologue aurait fais les frais de la part de la déléguée syndicale. Pour sa part, ce dernier a toujours nié les faits qui lui étaient reprochés. Il a expliqué au juge avoir fait administrer des produits analgésiques à ses patients en fin de vie, affirmant que son premier objectif était "d'atténuer les souffrances" de ses malades.

"Une démarche de soins palliatifs"

Mardi, le juge d'instruction Jean-Wilfried Noël a donc rendu une ordonnance de non-lieu dans l'affaire. Dans son communiqué, il précise que "loin de se livrer à des pratiques euthanasiques criminelles, le docteur de Bourayne a inscrit en réalité son action dans une démarche de soins palliatifs pour l'ensemble des malades en phase terminale dont il avait la charge, et ce, avant même que les lois des 9 juin 1999, 17 janvier 2002 et 4 mars 2002 n'en fassent une obligation pour l'ensemble des établissements de santé publics et privés situés sur le territoire". Estimant que le médecin s'était "strictement conformé" à des dispositions du code de santé publique et du code de déontologie médicale, il souligne que le médecin "échappe nécessairement à toute responsabilité pénale".

Fait rarissime, la justice a ordonné la publication de sa décision dans plusieurs journaux. Dans ses attendus, elle justifie cette publication soulignant que "la médiatisation exceptionnelle du docteur Joël de Bourayne dans le courant de l'année 2000 justifie que le non-lieu prononcé ce jour bénéficie également d'une large publicité". Une publicité pour réhabiliter Joël de Bourayne. Depuis cette affaire, la clinique de la Martinière l'a obligé à quitter son poste. Aujourd'hui responsable d'un cabinet en libéral, il entend continuer son combat pour l'honneur en déposant une plainte pour dénonciation calomnieuse à l'encontre de l'ancienne kinésithérapeute.

Par R.P le 16 février 2005 à 17:27
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