35 heures : Raffarin ne fléchit pas

le 06 février 2005 à 14h43 , mis à jour le 09 février 2005 à 12h45

Les manifestations pour la défense des 35 heures, qui ont réuni samedi entre 300.000 et 500.000 personnes, ne changeront rien au "calendrier prévu" pour le débat au Parlement, a déclaré lundi le Premier ministre. Le PS réclame le retrait du texte.

manif_35h_paris

Alors que les députés doivent terminer ce lundi l'examen de la proposition de loi sur l'assouplissement des 35 heures, qui doit être soumise mardi au vote de l'Assemblée,  François Hollande a "solennellement" demandé au gouvernement de "retirer" le texte. Une demande faite dès samedi soir par le Premier secrétaire du Parti socialiste, à l'issue d'une journée de mobilisation réussie pour la gauche et les syndicats, avec entre 284.000 et 517.000 manifestants dans toute la France.

Mais le gouvernement refuse de se laisser impressionner par cette démonstration de force. Ce matin, sur France Inter, Jean-Pierre Raffarin a déclaré que le débat au Parlement sur l'assouplissement des 35 heures se poursuivrait "selon le calendrier prévu". "Je reste ouvert mais nous sommes dans une démocratie et dans la démocratie, je ne méprise pas les manifestations mais je demande aux leaders syndicaux de ne pas mépriser le Parlement", a déclaré le Premier ministre.

"Entêtement borné" ?

La contre-offensive avait commencé dès dimanche avec Jean-François Copé qui déclarait sur Radio J qu'il n'était pas question de retirer le texte. Et dans une interview accordée au Parisien, le porte-parole du gouvernement a qualifié de "sans surprise" la mobilisation des manifestants, estimant qu'elle reflétait surtout le "rassemblement des non" (non à l'assouplissement des 35 heures, non aux réformes, non au capitalisme, non au référendum européen) et que les salariés du privé "étaient relativement peu nombreux". Réitérant les arguments en faveur d'un texte censé "renforcer le libre choix des salariés", Jean-François Copé a réaffirmé que le gouvernement allait "continuer à expliquer, à dialoguer, à faire oeuvre de pédagogie et d'écoute et aussi à combattre la démagogie".

Mais la démonstration de fermeté est mal vue du côté des syndicats. "Le gouvernement manifeste un entêtement borné", a commenté dès dimanche Maryse Dumas, secrétaire nationale de la CGT. "Il n'y a rien de pire que d'être autiste quand on fait de la politique", a renchéri Rémi Jouan, responsable de l'action revendicative à la CFDT. Invité dimanche soir du Grand Jury RTL/Le monde/LCI, le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, a annoncé son intention de proposer aux autres syndicats "des arrêts de travail interprofessionnels" un même jour, pour tenter de faire plier le gouvernement.

Les "pro" et les "anti"

POUR :
- Il fait "laisser la possibilité aux salariés qui le souhaitent de travailler plus pour gagner plus" (Pierre Morange, UMP, co-signataire et rapporteur du texte).
- La réduction du temps de travail "quand elle n'est pas justifiée par des gains de productivité, est dangereuse économiquement" (Hervé Novelli, UMP, autre initiateur du texte).
- "Contraindre tous les secteurs à travailler de la même façon (...) conduit les entreprises à ne pas pouvoir s'adapter" (Bernard Accoyer, UMP).
CONTRE :
- "La loi permettra des négociations dans les entreprises pour monter le contingent d'heures supplémentaires jusqu'à 220 heures, mais c'est de toute façon, l'employeur qui décidera" (François Chérèque, CFDT). 
- Le temps de vie privé des salariés se trouve menacé (Ségolène Royal, PS)
- "Cette cabale contre les 35 heures ne répond qu'à des exigences idéologiques" et ne favorisera pas l'emploi (Maxime Gremetz, PCF).
- Cette réforme est "inutile" et "même pas demandée par les entreprises" (Julien Dray, PS).

Photo d'ouverture : Jean-Pierre Raffarin (archives- DR)
le 06 février 2005 à 14:43
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