© INTERNEPour une douzaine de couples homosexuels, c'est une Saint-Valentin bien particulière. Lundi en fin de matinée, Frank et Dominique, 27 et 39 ans, ont ouvert le bal à la mairie du 4ème arrondissement de Paris, accompagnés d'une élue Verte Corinne Faugeron. En couple depuis "8 ans et demi" et pacsés "depuis quelques mois", les deux hommes veulent "avoir les mêmes droits ayant les mêmes devoirs", dit Dominique, enseignant. Frank, à la recherche d'un emploi, explique qu'ils ont été "catalogués au dépôt du dossier: on est un couple irrégulier, donc le dossier sera envoyé au parquet". "C'est préjuger de la loi car tout ce qui n'est pas interdit est autorisé et il n'y a rien dans la loi contre le mariage entre personnes du même sexe", s'insurge Mme Faugeron.
En début d'après-midi, Stephanie, 25 ans, chercheuse, et Valérie, 39 ans, réalisatrice, se présentent, entourées de nombreux journalistes et cameramen, à la mairie du 9ème arrondissement. Pilotées par deux élus Verts de l'arrondissement, les deux femmes se rendent au bureau des mariages. Le comptoir est occupé et on leur fait prendre place au bureau des décès, un humour noir qu'elles ne manquent pas de relever. Comme dans le 4ème arrondissement, l'employée leur indique que leur dossier sera transmis au procureur et qu'elles auront des nouvelles par téléphone.
"Pas fascinée par la cérémonie"
Pour les deux femmes, membres d'une association homosexuelle et sympathisantes de C'est l'bouquet, ce dépôt de demande de mariage est avant tout un acte militant, même si Stéphanie est un peu désagréablement surprise par la présence relativement importante de la presse. Valérie n'est "pas fascinée par la cérémonie du mariage". "Mais s'il faut en passer par là pour obtenir des droits comme l'adoption ou la reconnaissance des deux compagnes ou des deux compagnons pour élever les enfants...".
Par ces actions, l'association C'est l'bouquet, entend rappeler aux "partis de gauche" leurs "promesses" de "déposer une proposition de loi sur le mariage homosexuel", souhaitant que cet "engagement soit respecté au moins avant que l'Espagne ne légalise, en avril, le mariage homosexuel". En refusant de célébrer des mariages homosexuels, les maires socialistes de Paris, Bertrand Delanoë, et du 9ème, Jacques Bravo, "se réfugient derrière la position réactionnaire du gouvernement français", assène-t-il.
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