Marine Le Pen "prend du recul"

le 05 février 2005 à 09h40 , mis à jour le 05 février 2005 à 09h43

Officiellement, il n'y a "aucun problème" entre Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine. Le leader frontiste l'affirme, Marine Le Pen ne dément pas... mais, après la controverse sur l'occupation allemande, jugée "pas si inhumaine" en France par son père, elle prend opportunément du champ avec le FN.

Marine campagne © INTERNE

C'est plus une confirmation qu'une surprise : Marine Le Pen, vice-présidente du Front National, a indiqué vendredi à Dijon qu'elle se met en retrait de son mouvement. "Je prends un peu de recul à l'égard des multiples fonctions que j'ai (...). J'ai envie de réfléchir sur ce que je peux apporter au débat politique", a déclaré la fille du leader frontiste, lors d'une conférence de presse avant une rencontre avec les sympathisants et militants de Côte d'Or au sujet du référendum sur la Constitution européenne. Elle a confirmé qu'elle ne participerait pas le 25 février au prochain bureau exécutif, ce qu'avaient fait savoir ses proches la semaine dernière : "je serai au ski avec mes enfants", s'est-elle justifiée.

Mardi, le président du FN avait affirmé qu'il n'y avait "aucun problème" entre lui et sa fille, et qu'il attendait le prochain bureau exécutif où il ne doutait pas que Marine serait présente. "Je n'ai pas à expliquer les raisons pour lesquelles je prends du champ", a répondu la vice-présidente alors qu'elle était interrogée sur la coïncidence entre son retrait politique et les déclarations de son père sur l'occupation allemande en France, qui ont suscité un tollé. "Le FN mérite mieux qu'apparaître à travers des querelles de personnes", a-t-elle ajouté.

Les Anciens et les Modernes

Marine Le Pen, qui entend incarner une vision "moderniste", très minoritaire au sein du mouvement, n'a pas désapprouvé publiquement les propos de son père, qui contrarient sa volonté d'améliorer l'image du FN. Elle s'est contentée de laisser ses proches et son absentéisme parler à sa place. Les propos de Jean-Marie Le Pen ont renforcé la position des adversaires de Marine Le Pen à l'intérieur du FN, qui sont partisans de la ligne "dure" et plébiscitent le numéro deux du Front, Bruno Gollnisch, pour succéder à Jean-Marie Le Pen. Précisément, à propos de la suspension jeudi de Bruno Gollnisch, délégué général du FN, de ses fonctions d'enseignant à l'université Lyon III, Marine Le Pen a déclaré n'avoir "pas de réaction".

Marine Le Pen a cependant réaffirmé vendredi son plein engagement dans la campagne menée par le FN pour un "double non - non à la Constitution européenne - non à l'entrée de la Turquie dans l'Europe". "Je n'envisageais pas de ne pas participer à la campagne", a-t-elle déclaré, alors qu'elle doit terminer dimanche un tour de France des fédérations. Elle s'est dit "consciente de l'importance du référendum" pour le pays et son parti.

Photo d'ouverture : Marine Le Pen - archives

le 05 février 2005 à 09:40
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