© INTERNEEn 1997, l'usine Métal Blanc, spécialisée dans le recyclage de plomb des batteries d'automobiles et située à 500 mètres du village de Bourg-Fidèle dans les Ardennes, double sa production. Un habitant s'en inquiète et décide de porter plainte. Aujourd'hui, ce sont dix-sept parties civiles qui ont pris place dans la salle du tribunal correctionnel de Charleville-Mézière. Riverains, agriculteurs, associations environnementales ou anciens salariés, tous dénoncent la pollution et la mise en danger produite par cette usine.
A l'époque de la première plainte, la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) met en évidence des taux excessifs de plombémie dans la population et notamment plusieurs cas de saturnisme chez les salariés. La faune régionale est également touchée : les poissons ont disparu du ruisseau attenant à l'usine. Par arrêté municipal, l'aire de jeux située en face de l'usine est fermée, la consommation des produits agricoles des parcelles alentours interdite. Une information judiciaire est ouverte en 1998.
Les autorités mises en cause
Mais les parties civiles reprochent aux autorités leur manque de réactivité et leur silence de l'époque, certaines ayant demandé en vain la mise en examen du préfet. "Ils étaient au courant et ils ont laissé faire, ils ont fermé les yeux", estime Michel Adam, président de la Fédération des Ardennes de pêche, partie civile. Depuis 1999, la pêche est interdite sur les bords de la Murée et l'association de pêcheurs qui s'y était installée a perdu tous ses membres.
L'usine reconnaît une part de responsabilité
L'entreprise, qui a pâti économiquement de cette affaire, fait à moitié profil bas. Elle reconnaît des "éléments malheureusement incontestables", comme la non conformité aux normes environnementales et la pollution des eaux, "mais il y a aussi des faits que nous allons contester", estime Renaud Bourson, président du conseil d'administration de l'entreprise et fils du dirigeant de l'époque, décédé en 2002. Son avocat renchérit en précisant que Métal Blanc, même si elle a "une part de responsabilité dans la pollution au plomb", "ne porte pas toute la responsabilité". Il ajoute qu' "il y a d'autres usines dans le secteur et la pollution est ancienne, voire antérieure".
Le procès, initialement prévu pour octobre, avait été reporté à la demande de l'avocat de l'entreprise, qui souhaitait que les représentants des administrations concernées soient entendus comme témoins, et non pour simple avis technique. Sa demande a été refusée en décembre.
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