Mont-Blanc : le chauffeur belge "ne voulait pas gêner"

le 22 février 2005 à 17h36 , mis à jour le 22 février 2005 à 17h47

Le chauffeur belge à l'origine du drame dans le tunnel du Mont-Blanc a expliqué qu'il n'avait pas essayé de se garer pour ne pas gêner la circulation. L'incendie de son camion a causé la mort de 39 personnes.

mont-blanc entrée tunnel

Gilbert Degrave, le chauffeur belge du camion qui a pris feu le 24 mars 1999 sous le tunnel du Mont-Blanc, a expliqué mardi devant le tribunal correctionnel de Bonneville qu'il ne s'était pas garé pour ne pas gêner la circulation.

La justice lui reproche d'avoir abandonné son semi-remorque en flammes au milieu de la chaussée dans un tunnel à deux voies de circulation, bloquant le trafic derrière lui, sans avoir tenté de se ranger dans un garage.

"Je n'avais que l'idée d'éteindre le feu"

Quatre chauffeurs de poids lourds ont eu le réflexe salvateur de doubler à l'aveuglette le camion en feu et entouré de fumée, au risque d'une collision frontale avec un véhicule venant en sens inverse. Mais 24 véhicules sont restés bloqués derrière et se sont embrasés. Trente neuf personnes ont péri dans la catastrophe.

Le routier, âgé de 62 ans et aujourd'hui à la retraite, a répété à la barre qu'il s'était aperçu que des flammes s'échappaient du côté droit de son camion, après avoir vu trois appels de phare de poids lourds arrivant en sens inverse.

"J'ai toujours eu l'idée qu'il y avait un feu du moteur du frigo (de la remorque) car il n'y avait rien qui indiquait une anomalie à mon tableau de bord (...). Je n'avais que l'idée d'éteindre le feu et de repartir vers l'Italie", a déclaré M. Degrave. Selon ses déclarations précédentes, il s'était saisi d'un extincteur après avoir arrêté son véhicule, mais le camion s'était embrasé avant qu'il ait pu s'en servir.

"On ne peut pas se garer en une seule fois"

"On ne peut pas se garer en une seule fois dans un garage", a détaillé le chauffeur belge, ajoutant qu'il fallait mordre sur la voie opposée pendant la manoeuvre et que, même garé, le camion débordait sur la chaussée.

Un film a été projeté devant le tribunal, montrant un poids lourd se garant en une seule fois dans un garage, et empiétant d'1m20 sur la chaussée. Interrogé par le président du tribunal, le prévenu a indiqué qu'il ne savait pas comment il agirait aujourd'hui "suite à la tragédie", mais il a assuré qu'il n'irait pas stationner son camion dans un garage.

le 22 février 2005 à 17:36
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