© INTERNEHuit personnes, dont quatre militaires du 27e bataillon de chasseurs alpins (BCA) d'Annecy, ont été entendues mardi dans le cadre de l'enquête sur l'incendie volontaire de deux lieux de culte musulman en mars 2004 en Haute-Savoie.
Ces personnes, toutes interpellées en Haute-Savoie par la police judiciaire, appartiennent à la mouvance d'extrême droite. Selon une source proche de l'enquête, le profil des civils interpellés correspond à des "paumés racistes, qui lisent de la littérature d'extrême droite, se saoulent régulièrement mais ne font pas partie de mouvements politiques structurés".
"Les premières mises en examen, s'il y en a, ne devraient pas intervenir avant jeudi", a affirmé le procureur de la République, Philippe Drouet, en précisant qu'aucune "des personnes interpellées n'avait d'antécédents judiciaires".
Le ministère de la Défense a indiqué qu'il a apporté "un concours plein et entier" à l'enquête. Le ministre de l'Intérieur s'est, quant à lui, félicité de ces arrestations. "De tels actes ne sauraient être tolérés dans notre pays", a réagi Dominique de Villepin. Il a rappelé sa détermination à lutter contre toutes les formes de racisme et d'antisémitisme, les actes de haine et de xénophobie".
Début mars 2004, la salle de prière de Seynod et la mosquée d'Annecy avaient été les cibles d'incendies volontaires nocturnes et le ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, était venu sur place promettre que les mosquées allaient être protégées comme le sont les synagogues. Il avait visité la salle de prière de Seynod, complètement détruite, en compagnie du président du Conseil régional Rhône-Alpes du culte musulman, Kamel Kabtane, du président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Dalil Boubakeur, et d'élus locaux, notamment le député maire d'Annecy Bernard Bosson (UDF). Il s'était aussi rendu à la mosquée d'Annecy, moins endommagée.
Photo : manifestation de protestation des musulmans d'Annecy après l'incendie de mars 2004
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