Le nouveau combat d'Action directe

Par A.Ga (d'après AFP), le 26 février 2005 à 19h12 , mis à jour le 26 février 2005 à 21h56

Environ 300 personnes ont manifesté samedi pour réclamer la libération des trois membres d'Action directe Nathalie Ménigon, Jean-Marc Rouillan et Georges Cipriani qui peuvent demander à partir d'aujourd'hui leur libération conditionnelle. Tous trois avaient été condamnés à perpétuité en 1989 notamment pour l'assassinat du patron de Renault.

manifestation liberation action directe © DR

Trois rassemblements ont eu lieu samedi à l’appel du collectif Ne laissons pas faire (NLPF) pour réclamer la libération des anciens chefs historiques du groupe terroriste d'extrême gauche Action Directe. "Un nouveau combat" qui s'annonce difficile. Quelques dizaines de manifestants se sont rassemblés devant le centre de détention de Bapaume dans le Pas-de-Calais, où la militante Nathalie Ménigon est incarcérée. Ils étaient des dizaines devant la prison d’Ensisheim, dans le Haut-Rhin et environ 120 devant celle de Lannemezan, dans les Hautes-Pyrénées où sont respectivement incarcérés Georges Cipriani et Jean-Marc Rouillan.

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Fin de la période de sûreté

Ménigon, Rouillan et Cipriani ont été condamnés à perpétuité, en 1989 et 1994, notamment pour les assassinats en 1986 du PDG de Renault Georges Besse et en 1985 de l'ingénieur général René Audran du ministère de la Défense. Ils ont refusé de s'expliquer lors de leur procès. Ils avaient été arrêtés le 21 février 1987 dans une ferme près d'Orléans, dans le Loiret. Ce samedi 26 février 2005 marque la fin de "la période de sûreté" de 18 ans de prison qui accompagnait la condamnation à perpétuité de Cipriani, âgé de 54 et Rouillan, âgé de 52 ans. Nathalie Ménigon, âgée de 48 ans, pourra elle demander sa libération conditionnelle à partir du 5 mars. Victime de deux accidents vasculaires cérébraux, Ménigon a déjà essuyé deux refus de demande de suspension de peine pour raisons médicales.

"Idéologue" d'Action Directe, Jean-Marc Rouillan "ne croit pas à sa libération même s'il ne peut s'empêcher d'espérer. Il pense qu'il sortira le dernier", confie Hellyette Bess, l'"historique" d'Action Directe. Marié avec Nathalie Ménigon qu'il a épousée en prison en 1999, il a une proposition d'emploi de lecteur aux Editions Agone, éditeur de l'un de ses livres.

Le soutien du PC et de LO

Arrêtée et condamnée à leurs côtés Joëlle Aubron, 45 ans, opérée d'une tumeur au cerveau, a bénéficié en juin 2004 d'une suspension de peine pour raisons médicales. Les modalités de la suspension de peine étant différentes de la libération conditionnelle, elle ne peut théoriquement bénéficier de cette dernière à moins d'être réincarcérée.

Les demandes de libération de Ménigon, Rouillan et Cipriani, qui va mieux après avoir souffert de troubles psychiatriques, et d'Aubron, à "titre symbolique", devraient être déposées par leurs avocats début mars, selon le comité de soutien. Ce dernier a reçu l'appui du Parti communiste, de Lutte Ouvrière, de la Ligue communiste révolutionnaire et des Verts.

Conditions à la libération

Dernier membre du groupe incarcéré depuis 21 ans pour le meurtre de deux policiers, Régis Schleicher, 47 ans, condamné à perpétuité en 1987 et 1988, a terminé sa peine incompressible, il y a plus de six ans. Il a essuyé un refus de demande de libération en mars 2002 et tenté de s'évader en février 2003.

Pour être accordée, la libération conditionnelle suppose un projet de sortie (hébergement, emploi) et prend en compte l'évolution du condamné. Elle peut être assortie d'obligations comme l'indemnisation des victimes ou une résidence dans un lieu déterminé ainsi que d'interdictions comme celle de détenir une arme.

(Des manifestants devant la prison de Bapaume dans le Pas-de-Calais samedi/TF1)

Par A.Ga (d'après AFP) le 26 février 2005 à 19:12
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