Pau : médecins et police engagent la polémique

le 03 février 2005 à 11h16 , mis à jour le 03 février 2005 à 11h31

Sans "l'irresponsabilité de certains psychiatres", le meurtrier présumé des infirmières de l'hôpital de Pau aurait pu être identifié plus tôt, selon un syndicat de police. L'équipe de soins oppose le secret médical et le manque de moyens.

pau hôpital

L’arrestation de Romain Dupuy, l’auteur présumé du double meurtre de l’hôpital psychiatrique de Pau (CHP), vire à la polémique. Les parents du jeune homme ont expliqué avoir "vécu une vie d'enfer depuis trois ans". Ils avaient été menacé par leur fils en 2003. A sa sortie du CHP, où Romain Dupuy avait été "placé" pendant deux mois et demi, sa mère dit avoir frappé à différentes portes, hôpital psychiatrique, urgences, commissariat, pour signaler l'état de son fils mais sans qu'une solution durable ne soit trouvée. Elle s'est notamment interrogée mercredi sur "les responsabilités des praticiens" de l'hôpital.

Serge Solé, le secrétaire régional du Syndicat national des officiers de police (Snop, majoritaire), a dénoncé "l'irresponsabilité de certains psychiatres". Ces derniers ont, a-t-il dit, "occulté" des éléments qui auraient permis d'accélérer l'identification du meurtrier présumé. Selon lui, le dossier médical du suspect établi en 2003, au cours d'un séjour au CHP, faisait apparaître qu'il "avait des fantasmes de décapitation récurrents".

"Secrets professionnels"

"Pour des raisons de secrets professionnels" et "à cause de l'instruction en cours", l'équipe de soins du CHP s'est refusée mercredi à tout commentaire sur le "jeune homme incriminé". Les représentants de la Commission médicale d'établissement de l'hôpital psychiatrique de Pau ont dénoncé par ailleurs "le manque de moyens humains" et "l'augmentation vertigineuse du nombre de patients". "Les événements tragiques que nous vivons sont un exemple dramatique des difficultés d'exercice de la psychiatrie, prise entre des demandes de tout ordre et une réglementation très précise", a déclaré le président de la commission Jacques Durand. Il a souligné à titre d'exemple que sur cinq ans, un habitant sur dix, dans la région, avait été soigné par le CHP.

Romain Dupuy devant le juge

Romain Dupuy comparaîtra jeudi après-midi devant le juge Thierry Rolland pour un "interrogatoire de première comparution", a-t-on appris jeudi de source proche de l'enquête. Le juge d'instruction, qui est chargé de l'enquête sur le double homicide, décidera ensuite si Romain Dupuy est mis en examen ou non. Des "analyses de son état mental" ont déjà été effectuées pour vérifier que cet état est compatible avec sa garde à vue et sa détention au centre médico-psychiatrique de Cadillac (Gironde), indique-t-on de même source. Toutefois, aucune expertise sur sa responsabilité pénale n'a encore été réalisée. Une conférence de presse doit être organisée à 19h au tribunal d'instance de Pau, au sujet de cette affaire, avec le procureur de la République de Pau, Eric Maurel, ainsi que des représentants de la police départementale et de la direction inter-régionale de la police judiciaire (DIRPJ) de Bordeaux. Par ailleurs, Me Gilbert Garreta, ancien bâtonnier du barreau de Pau, a été désigné pour défendre Romain Dupuy. 

photo : LCI

le 03 février 2005 à 11:16
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience