
L’arrestation de Romain Dupuy, l’auteur présumé du double meurtre de l’hôpital psychiatrique de Pau (CHP), vire à la polémique. Les parents du jeune homme ont expliqué avoir "vécu une vie d'enfer depuis trois ans". Ils avaient été menacé par leur fils en 2003. A sa sortie du CHP, où Romain Dupuy avait été "placé" pendant deux mois et demi, sa mère dit avoir frappé à différentes portes, hôpital psychiatrique, urgences, commissariat, pour signaler l'état de son fils mais sans qu'une solution durable ne soit trouvée. Elle s'est notamment interrogée mercredi sur "les responsabilités des praticiens" de l'hôpital.
Serge Solé, le secrétaire régional du Syndicat national des officiers de police (Snop, majoritaire), a dénoncé "l'irresponsabilité de certains psychiatres". Ces derniers ont, a-t-il dit, "occulté" des éléments qui auraient permis d'accélérer l'identification du meurtrier présumé. Selon lui, le dossier médical du suspect établi en 2003, au cours d'un séjour au CHP, faisait apparaître qu'il "avait des fantasmes de décapitation récurrents".
"Secrets professionnels"
"Pour des raisons de secrets professionnels" et "à cause de l'instruction en cours", l'équipe de soins du CHP s'est refusée mercredi à tout commentaire sur le "jeune homme incriminé". Les représentants de la Commission médicale d'établissement de l'hôpital psychiatrique de Pau ont dénoncé par ailleurs "le manque de moyens humains" et "l'augmentation vertigineuse du nombre de patients". "Les événements tragiques que nous vivons sont un exemple dramatique des difficultés d'exercice de la psychiatrie, prise entre des demandes de tout ordre et une réglementation très précise", a déclaré le président de la commission Jacques Durand. Il a souligné à titre d'exemple que sur cinq ans, un habitant sur dix, dans la région, avait été soigné par le CHP.
Romain Dupuy devant le juge |
photo : LCI
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