
Le destin du projet Fillon s'est joué ce mardi sur deux fronts. Dans la rue, d'abord : 50 à 60.000 lycéens et enseignants d'Ile-de-France selon les organisateurs, 30.500 selon la police ont défilé dans Paris pour protester contre le texte du ministre de l'Education. Un succès pour ses organisateurs, le nombre de participants étant le double de celui de la manifestation de jeudi dernier.
Casseurs
Enseignants de la FSU et lycéens, venus à l'appel de leurs deux syndicats, l'UNL et la FIDL, avaient pris place côte à côte derrière deux banderoles de tête. Celle de la FSU proclamait : "Budget, loi d'orientation, décentralisation, salaires. Pour le service public d'éducation, il faut d'autres choix". Celle des lycéens déclare simplement "Tous unis contre la réforme Fillon", tandis que les jeunes scandent "Fillon démission" ou "Fillon t'es foutu, nous sommes tous dans la rue".
Toujours à Paris, des casseurs ont brisé des vitrines de magasins et des abribus sur le passage de la manifestation, alors que nombre de manifestants quittaient le cortège par crainte de violences. Place Denfert-Rochereau, des jeunes ont commencé à quitter le cortège par centaines, alors que la manifestation arrivait à son terme dans un climat tendu. Des lycéens se sont fait agresser et voler leur portable. Vingt-quatre personnes ont été interpellées et huit d'entre elles placées en garde à vue. 30 CRS ont été blessés et quatre policiers hospitalisés.
En province aussi
A Bordeaux, ils étaient 14.000 selon la police. Venus pour l'essentiel de lycées de Gironde, mais aussi de Dordogne, voire pour quelques uns des Landes, de Haute-Savoie et du Loiret, à l'appel de l'UNL et de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), les manifestants ont traversé la ville en hurlant "Fillon, t'es foutu, la jeunesse est dans la rue" ou encore "on n'est pas fatigué". A Lyon, ils étaient 1.250 selon la police et 1.500 selon les organisateurs. A Grenoble, 250 lycéens se sont regroupés dans le centre-ville, alors qu'à Clermont-Ferrand, 130 lycéens se sont rassemblés devant le rectorat, selon la police.
Fillon ouvert au dialogue
Les députés ont, eux, entamé mardi après-midi l'examen du projet de loi d'orientation sur l'école.. "La réforme du bac a cristallisé des inquiétudes, j'en prends acte sans m'en offusquer", a déclaré le ministre, en confirmant devant l'Assemblée qu'il retirait du projet les dispositions sur le bac. Un amendement gouvernemental, examiné mardi soir en commission et mercredi ou jeudi en séance publique, supprimera la mention limitant l'examen terminal à 6 épreuves. Indiquant que sa "porte était ouverte" et qu'il "recevrait une nouvelle fois cette semaine les organisations lycéennes", M. Fillon a affirmé que "la réforme du bac se poursuivra sous d'autres formes". Lors d'une rencontre avec la presse, peu avant l'ouverture du débat, le ministre s'est dit "prêt à discuter du nombre de matières de l'examen final".
Photo : manif à Paris
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