© AFPIl serait du genre touche à tout, actif et efficace. Le PDG de France Télécom Thierry Breton a été nommé vendredi soir ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie par le président Jacques Chirac. Il remplace Hervé Gaymard, démissionnaire. Ce choix a été proposé par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. La passation de pouvoir a officiellement eu lieu ce lundi, à midi.
Agé de 50 ans, le patron s'est forgé une réputation de sauveur d'entreprises. Son dernier fait d'armes : le redressement et la privatisation de France Télécom. Avant, Thierry Breton avait déjà sorti de l'ornière le groupe d'électronique Thomson Multimédia après avoir fait ses classes dans le groupe informatique Bull.
Profil atypique
Ce chiraquien convaincu et ancien vice-président du Conseil régional de Poitou-Charentes (1988-1992), alors fief du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, avait déjà été cité l'automne dernier quand il s'agissait de trouver à Bercy un remplaçant à Nicolas Sarkozy, élu président de l'UMP.
Ingénieur de l'Ecole supérieure d'électricité, Thierry Breton a un profil atypique: il a été professeur d'informatique et de mathématiques, dirigé des petites entreprises informatiques et écrit des romans de science-fiction, comme "Vatican III". Conseiller technique au ministère de l'Education nationale de 1986 à 1988 sous René Monory, il prend la direction du Futuroscope jusqu'en 1990.
Patron efficace
Il devient ensuite directeur général du groupe CGI, jusqu'en 1993. Après avoir été auditeur à l'Institut des Hautes Etudes de Défense nationale, et mené une mission gouvernementale sur le télétravail, il est nommé en 1993 directeur de la stratégie du groupe informatique Bull, dont il devient le numéro deux.
L'éphémère redressement des comptes de Bull permet à Thierry Breton d'être nommé en 1997 Pdg de Thomson Multimedia, qui cherchait un recours après sa privatisation avortée. En octobre 2002 il est appelé à la rescousse de France Télécom, au bord de la crise financière. Avec l'aide de l'Etat, il impose un plan de sauvetage sur trois ans qui permet le redressement de la société et son changement de statut en entreprise privée. Ses détracteurs lui reprochent de n'avoir jamais passé plus de cinq ans au même poste.
(Thierry Breton/archives/DR)
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