Pour Fillon, les lycéens sont manipulés

le 02 février 2005 à 17h19 , mis à jour le 03 février 2005 à 20h30

Le ministre de l'Education a reproché mercredi aux syndicats lycéens d'envenimer les manifestations des élèves du secondaire de ces derniers jours. Ils protestent notamment contre l'insuffisance de crédit et les fermetures de classe. L'UNL et la Fidl appellent les lycéens à venir manifester le 5 février.

Fillon © INTERNE

François Fillon a reproché mercredi à "certaines organisations syndicales" d'attiser les manifestations lycéennes de ces derniers jours. Il s'exprimait lors du lancement de l'Observatoire national de la lecture. Depuis deux semaines, partout en France, des centaines d'élèves du secondaire font grève et manifestent contre la réforme du ministre de l'Education accusé d'être "méprisant".

Suppressions d'options

Ils suivent, sur une large palette de revendications, la trace de leurs aînés, administratifs et enseignants, dont la mobilisation le 20 janvier a été d'ampleur. Arc-boutés contre la réforme du bac, si celui-ci inclut une part de contrôle continu, et la suppression des Travaux personnels encadrés (TPE) en terminale, les lycéens sont plus généralement opposés au projet de loi d'orientation sur l'Ecole, qui prévoit notamment des suppressions d'options.

Mardi, des centaines d'élèves d'Ile-de-France se sont rassemblés aux abords du ministère de l'Education nationale, à l'appel de la Fidl, syndicat lycéen. Le même jour, 2000 jeunes manifestaient à Rodez, dans l'Aveyron pour dénoncer l'insuffisance des crédits.

Autre objet de mécontentement : les projets de fermeture de classes. Un lycée de Seine-Saint-Denis s'est mobilisé contre la suppression annoncée d'une classe préparatoire scientifique. Un autre dans le Val-de-Marne contre la non reconduction d'un professeur de français vacataire. A Metz, c'est la suppression de deux sections de BEP qui a entraîné un mouvement de grève et d'occupation du lycée depuis une semaine…

Manifestations le 5 février

Chez l'Union nationale lycéenne (UNL) et la Fidl, les deux principaux syndicats lycéens, l'heure est à l'organisation. L'UNL réclame "une réforme de la pédagogie, grande absente du projet de loi" et condamne le protocole d'accord signé début octobre entre les ministères de l'Education et de l'Intérieur, contre les violences scolaires.

Les deux syndicats ont appelé les lycéens à se joindre samedi aux manifestations des salariés du privé et du public, où devraient prendre place de nombreux enseignants, pour réclamer, selon l'UNL, "une Ecole du "Progrès".

François Fillon a estimé que la présence des lycéens aux manifestations du 5 février ferait partie du dialogue social et des formes d'expression et qu'il restait "tout à fait déterminé". "Il va y avoir un débat au Parlement qui permettra d'expliquer beaucoup d'aspects de la réforme. J'appelle simplement les organisations syndicales à rester sur la réalité de la réforme", a expliqué le ministre de l'Education. Il a vu dans une récente étude soulignant le niveau catastrophique des élèves en ortographe une confirmation de sa politique visant notamment à encourager lecture, dictée et récitation au collège.

(Photo : François Fillon/archives/DR)

le 02 février 2005 à 17:19
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