
Les députés examinent à compter d'aujourd'hui le projet d'orientation sur l'avenir de l'école, alors que les tensions restent très vives entre le gouvernement, les lycéens et les syndicats d'enseignants. Toutefois, les mesures les plus controversées, à savoir celles de la réforme du bac, seront retirées. "Nous allons modifier par un amendement gouvernemental le projet de loi pour nous donner les délais nécessaires" sur la réforme du bac, a annoncé dimanche François Fillon, le ministre de l'Education nationale. Cet amendement, qui devrait être examiné mercredi ou jeudi en séance publique, supprimera la mention limitant l'examen terminal à 6 épreuves, les autres matières étant évaluées par "d'autres formes de contrôle" en cours d'année. "Je ne renonce pas à la réforme du bac, je prends le temps nécessaire", a ajouté le ministre ce matin sur France Inter.
François Fillon a par ailleurs affiché en revanche sa fermeté sur le maintien des autres dispositions du projet, instaurant notamment un "socle de connaissances" devant être maîtrisé au terme de la scolarité obligatoire.
Le PS fourbille ses armes
Dans la majorité, les voix discordantes de l'UMP devraient rester silencieuses après les interventions de Jacques Chirac, Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy pour soutenir François Fillon. L'UDF, pour sa part, entend conditionner son soutien à un texte jugé "mal ficelé" à l'adoption des treize propositions qu'elle a présentées. La gauche mènera bataille contre ce projet "sans ambition" dont elle continue de demander le "retrait". Le président du groupe PS Jean-Marc Ayrault défendra d'ailleurs une exception d'irrecevabilité. Les débats devraient se terminer vendredi 18 dans la nuit, le vote solennel étant prévu le 2 mars.
Les lycéens dans la rue
Toujours très mobilisés, les lycéens sont appelés à manifester le même jour avec les enseignants pour exiger le "retrait pur et simple" de la réforme, ainsi que le rétablissement des travaux personnels encadrés (TPE) en terminale et des moyens supplémentaires pour les établissements en difficulté. Du nombre de manifestants dans les rues, notamment à Bordeaux et dans la région parisienne, seules académies qui ne sont pas encore en congé, dépendra la suite de l'épreuve de force entre le ministre d'un côté et les deux syndicats lycéens FIDL et UNL, ainsi que les enseignants de la FSU de l'autre.
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