Scandale au centre anti-IVG

le 06 février 2005 à 18h57 , mis à jour le 06 février 2005 à 20h09

Le directeur de la Maison d'Ariane, un foyer vendéen accueillant des femmes enceintes en situation de détresse, a été mis en examen pour "viols aggravés" et "agressions sexuelles". Il a cependant été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Un collectif dénonce "l'opacité" du fonctionnement du centre, qui se dit ouvertement contre l'IVG.

residente_maison_arianeUne des résidentes de la "Maison d'Ariane", dont le directeur a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles © TF1

Le directeur d'un foyer d'accueil pour femmes enceintes situé à La Roche-sur-Yon a été mis en examen notamment pour "viols aggravés" et "agressions sexuelles" d'employées et de résidentes de son établissement. L'homme, âgé de 61 ans, a été laissé libre sous contrôle judiciaire à l'issue de sa comparution devant un juge jeudi, contre l'avis du parquet qui a fait appel de cette décision. Le recours du parquet doit être examiné le 15 février par la cour d'appel de Poitiers.

Huit plaintes ont été déposées pour "viols aggravés" - du fait de l'autorité exercée par le directeur sur ses éventuelles victimes -, "agressions sexuelles" ou "harcèlement" depuis le 28 janvier. L'homme mis en cause dirigeait depuis juillet 2002 la Maison d'Ariane, un foyer d'accueil d'une dizaine de places pour femmes enceintes de 16 ans ou plus en situation de détresse, seules ou accompagnées d'enfants. Ce foyer, géré par "l'Association vendéenne pour l'accueil de la vie et la promotion de la famille" (AVAVPF), avait été créé en mars 1996 par le conseil général de la Vendée, dirigé par le président du Mouvement pour la France (MPF), Philippe de Villiers. L'accusé "reconnaît difficilement les faits" et admet tout au plus des "propos déplacés", a précisé le procureur. Les faits qui lui sont reprochés concernent trois employées, une ancienne candidate à un poste dans l'établissement, trois résidentes âgées de 16, 18 et 20 ans, ainsi que la fillette de 5 ans d'une de ces dernières.

Les services sociaux se portent partie civile

Les services sociaux du département se sont constitués partie civile dans cette affaire "pour défendre les victimes qui sont suivies et aidées dans le cadre de l'aide sociale à l'enfance", a indiqué le conseil général. "Les faits qui sont reprochés au directeur sont graves et s'ils sont avérés, ils appellent des sanctions exemplaires", a souligné dans un communiqué la collectivité.

Pour sa part, le "collectif femmes de La Roche-sur-Yon", animé par la conseillère municipale communiste Françoise Grivel, a jugé "révoltants" les faits révélés et rappelé que "beaucoup d'associations et de femmes ont dénoncé dès sa création cette structure, ses objectifs et son fonctionnement". Selon ce collectif, l'AVAVPF a pour objet revendiqué de "promouvoir une culture de vie reposant sur la conviction que la vie est sacrée et inviolable depuis la conception jusqu'à la mort naturelle" et, "si la situation le demande, d'apporter une information claire sur les possibilités d'adoption pour l'enfant à naître". "Cette structure est financée depuis le départ par des fonds du conseil général (...), fonds qui auraient pu renforcer des dispositifs de centres maternels déjà existants sur la Vendée", estime le collectif qui parle de "l'opacité de la Maison d'Ariane".

Photo d'ouverture : Une des résidentes de la "Maison d'Ariane", dont le directeur a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles - DR

le 06 février 2005 à 18:57
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience