© INTERNEL'humoriste français, dans un entretien publié samedi par le quotidien algérien francophone l'Expression, estime que "le sionisme, c'est le sida du judaïsme" et considère qu'en France, les "sionistes ont une sorte d'impunité". Se défendant d'être antisémite, Dieudonné explique qu'il est "politiquement antisioniste". "Ceux qui vivent le racisme en France, ce sont plutôt les communautés arabe et noire", poursuit-il. En tournée mercredi à Alger pour présenter son spectacle, l'humoriste avait fustigé l'attitude du gouvernement français, des institutions juives de France et insulté la mémoire de la Shoah, ce génocide des Juifs dans les camps de concentration durant la Seconde Guerre mondiale.
Selon le site Proche-Orient Infos, Dieudonné a fustigé "la soumission totale des dirigeants et responsables français à la volonté du Crif", le Conseil représentatif des institutions juives de France, qu'il qualifie d' "organisation anti-constitutionnelle et sectaire". Il a accusé Jean-Pierre Raffarin de "lécher le cul à cette équipe de malfrats, de mafieux qui est en train d'entraîner la République française dans la guerre civile". Dieudonné a qualifié la Shoah de "pornographie mémorielle".
"Simple" citation
Vendredi, Dieudonné a répondu vendredi sur LCI à la vague d'indignation provoquée par ses propos sur la Shoah en précisant qu'il n'avait fait que rapporter une citation d'une historienne israélienne Edith Zertal : "La nation et la mort, la Shoah dans le discours et la politique israélienne".
Lors de cette interview à LCI, l'humoriste a également reproché à Jean-Pierre Raffarin de remettre en cause les décisions de justice à son endroit. "Pour un homme garant des institutions et responsable de ce gouvernement, c'est plus que maladroit (...) Si la justice, c'est celle du Crif, c'est gênant", a-t-il dit, faisant référence à la présence du chef du gouvernement au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France samedi dernier. Le ministre de la Justice Dominique Perben a demandé vendredi au parquet de Paris l'ouverture d'une enquête préliminaire pour "contestation de crimes contre l'humanité".
Dieudonné a fait plusieurs fois l'objet de poursuites pour propos antisémites. Le tribunal correctionnel de Paris lui a reconnu en mai dernier le droit de critiquer la politique du gouvernement d'Ariel Sharon en Israël sans être accusé d'antisémitisme. Quelques jours plus tôt, le tribunal correctionnel d'Avignon l'avait condamné à 5.000 euros d'amende pour "des propos racistes" et des "injures raciales" visant les juifs. Dieudonné a été relaxé en appel en juin 2004 après avoir dit préférer le "charisme de Ben Laden à celui de George W. Bush".
"Dieudonné tombe sous le coup de la loi" |
Le premier secrétaire du PS François Hollande a lancé vendredi un appel au public de Dieudonné qui, en assistant à ses spectacles, "participe à cette dérive et à ce grave glissement dans des propos antisémites".
"Les propos de Dieudonné sur la Shoah tombent sous le coup de la loi. Ils sont déshonorants pour celui qui les exprime. Il y a une tragédie du peuple noir lié l'esclavage, elle doit être reconnue. Il y a une tragédie du peuple juif. La minorer, la sous-estimer, la disqualifier en parlant de pornographie mérite non pas simplement l'accusation judiciaire mais l'accusation politique".
Photo : Dieudonné (archives)
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