
Le chef de file de l'Union pour la démocratie (UPLD) en Polynésie, qui a chassé son rival Gaston Flosse de la présidence polynésienne vendredi par une motion de censure, fait une mise au point dans le Journal du Dimanche sur la nature des relations qu’il souhaite entretenir avec Paris. Et d’expliquer que l'indépendance qu'il préconise "ne signifie pas, absolument pas, de rompre avec Paris". "Pour être clair, je préfère parler d'interdépendance que d'indépendance", affirme-t-il. "L'indépendance que nous évoquons, et qui n'est pas envisageable avant 15 à 20 ans, ne signifie pas, absolument pas, de rompre avec Paris. Bien au contraire!", poursuit-il. "Si nous voulons tourner la page de la démagogie, du clientélisme et de l'économie de comptoir de Gaston Flosse, nous devons travailler et discuter avec Paris", affirme-t-il, évoquant comme modèle "la solution négociée entre Paris et la Nouvelle-Calédonie" qui "marche très bien".
« Confiant et méfiant » pour le 28 février
Concernant son éventuelle candidature à la présidence de la Polynésie, le 28 février, M. Temaru déclare que "ce ne peut pas être la décision d'un homme seul" et que l'UPLD se réunira dimanche "pour désigner celui qui sera notre candidat". "Reste que je suis celui sur lequel le vote des Polynésiens s'est porté ces dernières années", ajoute-t-il. Quant au résultat de ce vote, M. Temaru se dit "à la fois confiant et méfiant", car "depuis plus de vingt ans, Gaston Flosse (l'ancien président renversé vendredi par une motion de censure - NDLR) est le roi de la magouille et il est impossible de savoir ce qu'il nous réserve pour le vote du 28 février. (...) Il faut bien comprendre que cet homme ne recule devant aucune manoeuvre et qu'il est prêt à tout pour conserver la gestion mafieuse de nos archipels".
S’il souhaite garder des liens avec Paris, Oscar Temaru ne se prive toutefois pas dans cette interview pour dénoncer le rôle tenu et par le président Jacques Chirac et par la ministre de l'Outremer, Brigitte Girardin, durant les huit mois de crise qu’ont connu les institutions de Polynésie française. Ainsi, prié de dire s'il estimait que Paris n'a pas été neutre, il répond : "c'est évident. Je pense notamment à Brigitte Girardin, ou même au président de la République, qui devrait rester au-dessus de ce genre de débats", a-t-il dit. Il raconte qu'il aurait subi de nombreuses pressions dans ses décennies d'opposition. "On pourrait écrire un livre, un très gros livre sur les pressions que j'ai subies depuis plus de trente ans. Entre arrestations, humiliations et menaces de mort, il y aurait beaucoup à dire", explique-t-il.
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