© INTERNELe 23 mai 2004, une partie du terminal 2E de l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle s'effondrait. Après huit mois d'enquête, la commission d'enquête administrative rendra son rapport au ministre des Transports mardi matin. Un document qui devrait permettre de comprendre les causes de la tragédie qui a tué quatre personnes et blessé trois autres.
Selon le Parisien qui a publié la semaine dernière des éléments de ce rapport, les experts accableraient tant les architectes de l’ouvrage qu’Aéroports de Paris (ADP). L'effondrement du terminal est lié "à la perforation de la voûte en béton par les butons", qui sont des étais métalliques cylindriques sur la coque en béton pour supporter le poids de la verrière de l'ouvrage.
Le ministère temporise
La semaine dernière, toujours, une source proche du dossier affirmait que l'ensemble de la chaîne de construction était à la limite de la conformité, ce qui expliquait que le bâtiment "ait fini par s'effondrer". Et de détailler : "en analysant les fondations, on s'aperçoit qu'elles étaient ultra-limites parce que Solétanche, entreprise la plus compétente sur ce sujet et numéro un mondial, a gratté jusqu'à l'os. Elle était conforme, mais limite". Idem pour la structure verticale, "où il a notamment fallu revenir en arrière pour renforcer les poteaux, construits par la société Hervé, qui a été retenue car ses prix étaient les plus bas".
Conséquence : architectes, membres de la direction d'Aéroports de Paris (ADP) et bureaux vérificateurs devraient être bientôt mis en examen par le juge Le Loire, selon une source proche de la direction d'ADP. Le nom du président d'ADP, Pierre Graff, est notamment cité.
Quel avenir pour la zone du terminal ?
Le ministère des Transports a temporisé après les révélations du Parisien, en indiquant que que les conclusions de l'enquête administrative n'étaient pas encore rédigées. Et en démentant la mention de défauts de conception architecturale de l'ouvrage. Par ailleurs, ajoutait le ministère, l'objet de ce rapport n'est nullement de chercher des responsabilités, et il est donc exclu que la commission ait pu préconiser la moindre mise en examen, "ces questions relevant des actions engagées par la justice". L'architecte, pour sa part, charge un peu plus les sociétés qui ont réalisé le terminal 2E. Selon Paul Andreu, l'effondrement du bâtiment "a pour cause une insuffisance de l'armature en acier du béton", qui "constitue un tâche d'exécution à la charge des entreprises de BTP".
En ce qui concerne l'avenir du terminal 2E, plusieurs scénarios sont à l'étude. ADP envisageait encore récemment de démolir "soit la zone où l'effondrement s'est produit, soit toute la jetée d'embarquement". "Le coût serait le même, mais les délais en termes d'exploitation seraient sensiblement différents", ajoute la source proche de la direction d'ADP.
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