Terminal 2 E : le rapport met en cause la faiblesse de la structure

le 15 février 2005 à 17h13 , mis à jour le 15 février 2005 à 19h01

Le président de la commission d'enquête administrative sur l'effondrement du terminal de l'aéroport de Roissy a remis mardi son rapport au ministre des Transports. Plusieurs éléments tendent à indiquer que la structure était victime d'une faiblesse initiale.

roissy terminal 2e effondrement camion © INTERNE

"La coque s'est progressivement fragilisée", a déclaré le président de la commission d'enquête Jean Berthier, lors de la conférence de presse qui a suivi la remise de son rapport d'enquête sur le terminal 2 E de Roissy. Elle "tenait au début" et a vu sa "réserve de résistance (…) rongée progressivement". Les raisons d'une telle fragilisation tiennent à une structure "dont la réserve de résistance initiale était faible". Ces éléments ont conduit à l'effondrement du terminal le 23 mai 2004, qui a coûté la vie à 4 personnes et a fait 3 blessés.

Selon le rapport, plusieurs facteurs expliquent les faiblesses de la structure : "un ferraillage insuffisant ou mal positionné", "un manque de redondance mécanique, c'est à dire de possibilité de transferts d'efforts vers d'autres zones en cas de défaillance locale", une "faible résistance de la poutre sablière" et "le positionnement des butons à l'intérieur du béton". Les butons sont des étais métalliques cylindriques sur la coque en béton pour supporter le poids de la verrière de l'ouvrage.

"Des fissurations depuis le début"

Jean Berthier a notamment fait état de "fissurations qui existaient depuis le début" et des "déformations qui fatiguent la structure". La ruine de la structure, dont la "réserve de résistance" s'est "réduite puis annulée", avec le temps, a pu être déclenchée par deux événements, ajoute-t-il : soit "la très basse température du 23 mai au matin", soit "le relâchement de l'étrier d'une pile", retenant l'ensemble de la structure à sa base.

Ni le "tassement des fondations", ni la "qualité du béton" ne seraient à l'origine du drame, a précisé Jean Berthier, deux raisons pourtant avancées la semaine dernière, respectivement par une source inconnue et par l'architecte Paul Andreu, après les révélations du Parisien.

Qualité des études et du contrôle technique 

Sur le chapitre des responsabilités potentiellement invocables, sur lesquelles le rapport ne se prononce pas, les experts formulent plusieurs observations.
D'une part, "le contrôle technique devrait s'appuyer plus systématiquement sur une modélisation indépendante de celle de l'entreprise, qui permette d'en recouper les résultats", ce qui n'a été fait qu'une fois dans le cas de ce bâtiment.
D'autre part, la commission recommande que les relations maître d'œuvre, maître d'ouvrage "soient précisées", sachant qu'en l'espèce Aéroports de Paris (ADP) cumulait les deux casquettes.
Enfin, les experts ont mis à l'index la qualité des études et du contrôle technique, s'interrogeant "sur le juste niveau d'approfondissement et de rémunération des différentes catégories d'études d'une part, et du contrôle technique d'autre part".

L'avenir du terminal en question

Quant à l'avenir du terminal, Jean Berthier indique que "toute structure est sauvable", en précisant bien que "le vrai problème, c'est quel est le prix comparé", c'est à dire "si la réparation est plus chère que la reconstruction, ainsi que des questions de délais". Le président d'Aéroports de Paris (ADP), Pierre Graff a indiqué la semaine dernière qu'il prendrait en avril une décision sur ce point.

(Photo : après l'effondrement. Archives) 

le 15 février 2005 à 17:13
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