Violences : des chauffeurs de cars scolaires en grève

le 28 février 2005 à 15h43 , mis à jour le 28 février 2005 à 16h14

En Haute-Saône, des conducteurs de car se sont mis en grève lundi pour dénoncer le licenciement de l'un d'eux. L'entreprise reproche à ce salarié d'avoir plusieurs fois perdu son sang froid face à des adolescents "turbulents", voire "menaçants".

sangatte premier car de migrants © INTERNE

Insécurité, violence, irrespect... les chauffeurs de la Compagnie des Transports de l’Est (CTE), en Haute-Saône, en ont plus que marre. Et le licenciement d'un de leurs collègues est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Sur les 70 autocars, chargés d'une partie du transport scolaire et interurbain du département, seuls "6 ou 7" circulaient lundi, selon le direction de l'entreprise. Les grévistes demandent la réintégration de leur collègue licencié pour "faute grave" la semaine dernière, ainsi que des mesures pour améliorer la sécurité sur les lignes de la compagnie. Le chauffeur de bus incriminé, âgé de 53 ans et employé depuis deux ans par la CTE, se voit reprocher d'avoir, le 3 février, menacé des adolescents qu'il transportait avec une barre de fer après les avoir ramenés au dépôt central de bus. Selon le conducteur, les jeunes, qui l'avaient obligé à stopper à un arrêt non prévu, l'avaient insulté pendant le trajet puis l'un d'eux s'était saisi du volant tandis qu'un autre avait ouvert la porte et sauté en marche.

"On fait passer ce chauffeur pour agressif alors qu'il avait tout simplement peur. Sa réaction n'a sans doute pas été la bonne mais on ne nous donne pas de consignes pour réagir dans ce type de situation. Ce n'est pas une raison pour le licencier sans indemnité", estime Alain Grosdemouge, secrétaire de l'Union départementale FO de Haute-Saône.

Pour Philippe Socha, directeur du site vésulien de la CTE, "ce licenciement est le résultat d'une accumulation d'incidents au cours desquels l'employé n'a pas su gérer son agressivité. Une dizaine de jours plus tôt, il avait lâché en pleine nature la cinquantaine de jeunes qu'il transportait parce que l'un deux lui aurait lancé une boule de neige. En septembre 2003, il avait également sorti du bus, en dehors des arrêts, deux adolescents". L'employeur, qui reconnaît l'existence de problèmes de sécurité sur certaines lignes du réseau, entend demander un renforcement de surveillance aux services de police et de gendarmerie et organiser pour les conducteurs des formations de "gestion de conflit et de stress".

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le 28 février 2005 à 15:43
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