97.000 profs sans élèves ?

le 10 mars 2005 à 21h15 , mis à jour le 11 mars 2005 à 22h53

C'est la conclusion choc d'un rapport de la Cour des comptes, qui constitue un réquisitoire contre la gestion de l'Education nationale. Une conclusion que réfutent l'Education nationale et le Syndicat des enseignants.

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97.000 enseignants, soit l'équivalent de 32.000 postes à temps plein sur un total de 665.000, seraient "sans classe ni activités pédagogiques", selon un rapport confidentiel de la Cour des comptes, dont Le Figaro publie ce vendredi la teneur.

Ce rapport a été remis début février par le président de la Cour Philippe Séguin au président de la commission des Finances de l'Assemblée, Pierre Méhaignerie, mais n'a pas été publié. Il constitue un réquisitoire contre la gestion de l'Education nationale. Il porte sur les 803.000 enseignants du primaire et du secondaire (soit l'équivalent de 665.000 temps plein, en comptant les temps partiels) et il affirme que, mis à part les 10.000 congés de maladie et les 5.000 congés de maternité par an, 97.000 personnes (l'équivalent de 32.000 enseignants) "sont occupées à d'autres tâches que faire des cours ou ne sont pas occupées du tout".

La colère de l'Education nationale et du SE-Unsa

Le rapport signale que certains sont occupés à des missions ponctuelles, d'autres bénéficient de décharges syndicales, d'autres encore sont en surnombre dans des disciplines délaissées comme l'allemand ou la technologie, l'essentiel toutefois étant constitué par des "remplaçants désoeuvrés". Il concède que ces "pompiers de service" ne sont pas interchangeables et que des sureffectifs sont inévitables mais il souligne que 30% de ces personnels "ne sont jamais mobilisés". Cela coûte 1,5 milliard d'euros au contribuable, soit l'équivalent de la moitié du budget de la Culture, affirme encore le rapport, rappelant que le budget de l'Education nationale est de 70 milliards.

Des conclusions inacceptables pour le Syndicat des enseignants, qui l'a fait savoir vendredi dans un communiqué. "Le SE-Unsa conteste le constat de la Cour des comptes" qui suggère selon lui, "de manière grossière, que ces enseignants sont payés à ne rien faire", a-t-il indiqué. Et de suggérer que "la diffusion de cette information connue depuis début février, au lendemain de l'imposante mobilisation interprofessionnelle dans laquelle les enseignants tenaient une place importante, apparaît comme une manoeuvre". Quant au ministère de l'Education nationale, s'il admet que le rapport donne des chiffres réels, il conteste des "rapprochements et amalgames" déformant la réalité. "Nous contestons essentiellement le chiffre de 32.000 enseignants 'sans classe et sans activités pédagogiques', qui regroupe des situations très différentes, qui mélange les deux problématiques et ne tient pas compte de tous ceux qui travaillent autrement", souligne le ministère.

Photo d'ouverture : archives

le 10 mars 2005 à 21:15
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