
Ne pas oublier. Depuis 84 jours, les proches de Florence Aubenas et la rédaction de Libération multiplient les initiatives de toutes sortes. Mercredi en fin matinée, c'était au tour des parlementaires de se mobiliser. Quelque 300 députés et sénateurs de toutes tendances se sont rassemblés sur le parvis des Droits de l'Homme du Trocadéro à Paris. Entourant les présidents des deux assemblées, Christian Poncelet et Jean-Louis Debré, la foule des parlementaires, en majorité ceints de leur écharpe tricolore, comprenait la plupart des présidents de groupe et de commission, ainsi que les leaders de l'UMP et du PS, Nicolas Sarkozy et François Hollande.
"Trois mots trottent dans nos têtes: solidarité, union et mobilisation", a lancé Jean-Louis Debré, en insistant sur le désir des parlementaires de montrer leur "volonté de défendre la liberté". La détention des deux otages est "un drame humain, une atteinte à notre humanité, une violation de notre conception de la démocratie, la négation de nos valeurs", a déclaré le président du Sénat. Présent à leurs côtés, le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, est venu "témoigner du soutien" du gouvernement, réuni au même moment en Conseil des ministres, à l'Elysée.
Serge July a lui souligné le caractère "exceptionnel" de ce rassemblement, qu'il a qualifié de "corps législatif réuni en congrès de la liberté", et affirmé que ce "message solennel sera entendu par tout le peuple irakien". Le père de la journaliste, Benoît Aubenas, a évoqué l'aspect "irremplaçable" de ce "soutien de toute la nation", alors que Georges Malbrunot et Christian Chesnot se sont exprimés au nom des 17 journalistes français qui ont été pris en otages et lu un message de leur consoeur italienne Giuliana Sgrena, libérée au début du mois.
A l'initiative de ce rassemblement avec Libération, Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, a rappelé que "les choses avancent à petits pas", au lendemain des déclarations du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin selon lesquelles le gouvernement a des "contacts stabilisés" avec les ravisseurs et des "informations rassurantes" sur le sort de la journaliste.
De son côté, le ministre des Affaires étrangères Michel Barnier a précisé mercredi matin sur LCI que la France est en train de "nouer les fils du dialogue" avec les ravisseurs de Florence Aubenas. "Nos équipes sont mobilisées à Paris et à Bagdad pour les faire sortir de là où ils sont", a ajouté le ministre.
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