Angers : la misère et le sordide

le 11 mars 2005 à 22h23 , mis à jour le 11 mars 2005 à 22h34

Plusieurs des principaux protagonistes du procès pour pédophilie d'Angers ont été entendus vendredi, notamment Patricia, présentée comme la "trésorière du réseau". Parfois illettrés, souvent d'un intellect inférieur à la moyenne, ils décrivent un milieu où violences et agressions sexuelles sont courantes.

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La cour d'assises de Maine-et-Loire a entendu vendredi quelques uns des principaux accusés du procès de pédophilie d'Angers - dont Patricia, 32 ans - caractérisés par une grande misère sociale et intellectuelle. Les interrogatoires de personnalité se sont ouverts avec Jean-Claude, poursuivi pour agression sexuelle sur une de ses petites-filles. L'homme, 59 ans, cheveux blanc et moustaches, n'est pas loquace, estimant n'avoir "pas grand-chose à dire". Il a des difficultés à se souvenir des dates et reconnait avoir eu des problèmes scolaires : "Je sais lire quand même un peu, j'écris mais je fais des fautes". Un peu plus tard, il avoue ne pas comprendre ce que veut dire "vie sentimentale". Il reconnait aussi des problèmes d'alcoolisme, mais affirme ne jamais avoir frappé ses enfants et se considère comme un père "normal". Une de ses filles confirme ses dires à la barre.

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Mais Patricia, 32 ans, qui n'est pas sa fille biologique, mais a été reconnue par lui "comme ça, pour rendre service", dément. Considérée comme la "trésorière du réseau", et accusée d'avoir prostitué 31 enfants, elle évoque un climat de violence chez sa mère et son beau-père. Elle l'accuse notamment de l'avoir violée lorsqu'elle avait entre 6 et 9 ans. S'en suit une triste passe d'armes entre l'accusée et plusieurs avocats. Il s'agit de savoir si, comme elle le soutient, son agresseur présumé, opéré d'un cancer, n'avait qu'un seul testicule au moment des faits. "J'ai jamais fait de mal à personne", répond le beau-père. Il semble oublier avoir été condamné en 2000 pour agression sexuelle sur Marine, la fille de Patricia.

"C'est défendu de toucher"

A la suite, Jean-Marc, 40 ans, est volubile. L'accusé, pédophile notoire, est déjà condamné à trois reprises pour agressions sexuelles et viols sur mineurs. Il attend prochainement un arrêt de la cour d'appel d'Angers sur une affaire similaire. Il évoque un père violent, "mais pas avec moi", qui aurait violé plusieurs de ses soeurs. Lui-même se dit victime d'agressions sexuelles à l'école. Huitième d'une fratrie de dix, il décrit une mère "adorable", et s'emporte lorsque l'avocat général sous-entend qu'elle aurait pu avoir des relations sexuelles avec un de ses frères : "Ma mère, elle est pas comme ça, faites attention à ce que vous dites".

Scolarisé en institut spécialisé, il sait que "c'est défendu de toucher les parties génitales d'un enfant", et admet "quand même" qu'il est pédophile. Il refuse cependant de s'exprimer sur ses pulsions parce que "ça va m'énerver". Son frère Eric, pédophile poursuivi notamment pour proxénétisme sur 35 enfants, devait être entendu en fin de journée. Tous deux risquent la réclusion à perpétuité. Les interrogatoires de personnalité doivent durer jusqu'au 4 avril, et le procès jusqu'à la mi-juillet.

Photo d'ouverture : l'entrée de la salle d'audience de la cour d'assises d'Angers - DR

le 11 mars 2005 à 22:23
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