L'appel de Raffarin aux ravisseurs d'Aubenas

le 03 mars 2005 à 13h14 , mis à jour le 04 mars 2005 à 11h04

Pour le Premier ministre, toute demande de Didier Julia d'agir "de manière indépendante" en faveur de Florence Aubenas est "inacceptable". L'élu UMP ainsi écarté, Jean-Pierre Raffarin, s'adressant aux ravisseurs, leur a demandé jeudi de contacter "les seuls services officiels de la France" pour "engager des discussions".

raffarin_reponse_juliaJean-Pierre Raffarin à Didier Julia : toute "initiative en parallèle" est "inacceptable" © DR

Didier Julia est clairement écarté. Jeudi, à l'issue d'une réunion à Matignon avec les responsables politiques, Jean-Pierre Raffarin a lancé pour la première fois un appel direct aux ravisseurs de Florence Aubenas. Quant à l'élu UMP, si le Premier ministre l'a évoqué, c'est uniquement pour apporter un refus catégorique à ses demandes. "Je veux dire aux ravisseurs, s'ils m'entendent, que la France demande la libération rapide" de la journaliste de Libération et de son guide irakien, a lancé Jean-Pierre Raffarin sur un ton solennel. "Si les ravisseurs", qui ne se sont encore jamais officiellement manifestés, "veulent engager des discussions, qu'ils s'adressent aux seuls services officiels de la France", a-t-il insisté. Et de marteler : "ce sont les services officiels français qui sont les seuls habilités à mener les contacts nécessaires. Il n'y a aucune diplomatie parallèle. Aucune officine n'est autorisée à parler sur ce dossier comme sur les autres au nom de la France".

Jean-Pierre Raffarin a justifié sa demande - formulée la veille à l'Assemblée - au député UMP de coopérer avec les services de renseignements par le fait que la journaliste avait "introduit son nom dans le dossier". "Je me devais de tenir compte de ce message. Je souhaite vraiment que (Florence Aubenas) sache que, quelles que soient les circonstances de son message, nous sommes très attentifs à tout ce qu'elle exprime par sa voix mais aussi par son image", a-t-il fait valoir alors que certains hommes politiques lui ont reproché d'avoir ramené le député de Seine-et-Marne dans le jeu, malgré le fiasco de son équipée pour libérer Christian Chesnot et Georges Malbrunot.

"Pas d'élément nouveau" après l'audition de Julia

Jean-Pierre Raffarin a également jugé "inacceptable" la demande de Julia "à agir de manière indépendante, avec ses propres moyens, en parallèle". D'autant que, selon les premiers compte-rendus de l'audition du député par la DGSE, le Premier ministre "constate qu'il n'y a pas d'élément nouveau, concret qui puisse nous permettre d'envisager une solution efficace". A l'issue de cette audition, Didier Julia avait posé comme préalable "absolument nécessaire" à sa coopération et à la réactivation des contacts dont il affirme disposer au Proche-Orient, "la levée du contrôle judiciaire" touchant ses collaborateurs Philippe Brett et Philippe Evanno.

Julia ne s'avoue pourtant pas vaincu. Jeudi soir, après cette fin de non-recevoir du Premier ministre, l'élu a affirmé qu'il n'avait "jamais exigé de travailler seul" à la libération de Florence Aubenas. "J'ai dit que je collaborais avec les autorités françaises" et "je l'ai fait", a ajouté Didier Julia, en affirmant qu'il avait "amené un ensemble d'informations suffisammment intéressantes" pour que l'entretien qu'il avait eu dans la matinée avec le directeur général de la DGSE, Pierre Brochand, "dure une heure". Et d'accuser à son tour : "Ou bien Jean-Pierre Raffarin est en train de faire sortir Florence Aubenas par les services, auquel cas il n'a absolument pas besoin de moi et je suis le premier à m'en féliciter, ou bien il va mettre Florence Aubenas dans une situation extrêmement difficile".

Photo d'ouverture : Jean-Pierre Raffarin à Didier Julia : toute "initiative en parallèle" est "inacceptable" - DR

le 03 mars 2005 à 13:14
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