© DRPour ouvrir le cortège, deux grands portraits de la journaliste Florence Aubenas et de son guide irakien Hussein Hanoun al-Saadi. La manifestation pour les femmes lancée à l'appel du mouvement "Ni putes ni soumises" (NPNS) et du Planning familial a rassemblé, dimanche à Paris, 2.600 personnes selon la police, 10.000 d’après les organisateurs.
Derrière les photos des deux otages retenus en Irak depuis le 5 janvier, une grande banderole proclamait "Laïcité, Egalité, Mixité". La présidente de NPNS, Fadela Amara a "dédié" la manifestation à "Florence et Hussein, avec une pensée particulière pour toutes les femmes qui sont privées de liberté". Un autre portrait représentait Ingrid Betancourt, qui entame sa quatrième année de captivité aux mains des rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie et dont la fille Mélanie était présente dans le défilé.
"Intégrismes de tout bords"
La manifestation, colorée de rose vif, la couleur des petits fanions brandis par les militantes de NPNS, s’est déplacée de la place de la République à celle de la Nation au son de la musique et de slogans demandant "Respect et égalité pour les femmes du monde entier".
Des pionnières du MLF ont scandé : "1968-2005, femme encore, femme toujours, le combat continue". "Il y a de nouveaux droits. Beaucoup de choses ont changé positivement, mais il y a aussi beaucoup de freins mis à la libération des femmes", a estimé une militante du MLF "depuis 1970", Jacqueline Sag, citant "les intégrismes de tous bords".
Le Planning familial, la grande Loge féminine, les Verts, Lutte Ouvrière étaient notamment représentés. Parmi les personnalités : Jack Lang (PS), Corinne Lepage (Cap 21), l'écrivain Marek Halter ou Arlette Laguiller (LO).
"Respect"
Pionnier des luttes féministes après-guerre, le Planning familial a préféré manifester avec "Ni putes ni soumises" plutôt qu'avec ses partenaires habituelles du Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), qui défilera lui mardi à Paris. Le Planning craignait d'y côtoyer des mouvements défendant la liberté du port du voile à l'école. NPNS avait, elle aussi, tenu à défiler séparément. "Cette histoire de voile, ce n'est pas qu'un bout de tissu. C'est aussi, mine de rien, un projet de société qui prône la séparation des sexes", a dit Fadela Amara
Une vingtaine de femmes, portant un masque blanc sur le visage, ont défilé derrière une simple banderole "Respect". "Ce sont des femmes prostituées qui ne veulent pas être reconnues. Elles défilent pour avoir leurs droits, pour qu'on les respecte et qu'un jour elles puissent enlever leur masque", a expliqué une porte-parole, en demandant "l'abrogation des lois Sarkozy sur le racolage, qui nous rend délinquantes. En termes de menaces à l'ordre public, je crois qu'il y a plus grave".
(Le cortège dimanche 6 mars à Paris/DR)
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