Balladur à la barre

le 09 mars 2005 à 17h26 , mis à jour le 09 mars 2005 à 22h30

L'ex-Premier ministre, également ancien président de la société d'exploitation du tunnel du Mont-Blanc, a été entendu mercredi sur sa gestion de la sécurité. Devant le tribunal de Bonneville, il a défendu son action et souligné les aléas de la coopération avec la partie italienne.

[Expiré] [Expiré] balladur_mont_blanc_tribunal © AFP / MARTIN BUREAU

Qualifié de "témoin historique" par le président du tribunal, Edouard Balladur a été entendu mercredi comme témoin devant le tribunal correctionnel de Bonneville. L'ex-Premier ministre,  qui a présidé la société d'exploitation du tunnel du Mont-Blanc de la fin 1968 à la fin 1980, s'est expliqué sur sa gestion de la sécurité du tunnel, dans lequel 39 personnes ont péri en mars 1999.

Selon Edouard Balladur, la sécurité dans le tunnel a toujours été pour lui "une préoccupation lancinante", mais elle a été "parfois considérée comme excessive" par ses partenaires italiens. L'ancien Premier ministre a insisté sur le fait que c'est sous sa présidence qu'a eu lieu, en mars 1973, un exercice de sécurité grandeur nature, "le premier et le dernier du genre". Mais "la société italienne n'y a pas participé", a-t-il précisé au tribunal.

"Des conflits constants"

Quand le président l'interroge sur la fin, en 1972, de "l'unicité de la direction d'exploitation" entre les deux concessions, italienne et française, Edouard Balladur, très combatif, rétorque que "cette unité était un leurre, il y avait des conflits constants. La vérité c'est que chacun défendait ses attributions nationales. Les dirigeants de la société italienne considéraient que nous en faisions trop" et que la sécurité relevait de l'Etat italien.

Edouard Balladur a expliqué en particulier que les deux sociétés n'avaient même pas pu s'entendre sur "le même habillage du tunnel" quand il a fallu nettoyer et rénover le tunnel "au bout de quelques années". "Nous préférions avancer seuls que de ne pas avancer du tout", a-t-il noté. "On ne peut pas dire que nous sommes restés l'arme au pied sans rien faire jusqu'à l'exercice de 1973", a-t-il poursuivi. "Jamais nous n'avons refusé une dépense jugée nécessaire par la commission de contrôle (en matière de sécurité, ndlr) pour une raison de coût". C'est sous sa direction qu'ont été embauchés les premiers pompiers professionnels du tunnel et qu'a été augmenté le nombre d'extincteurs répartis dans l'ouvrage.

Photo d'ouverture : Edouard Balladur quittant le tribunal de Bonneville - AFP / MARTIN BUREAU

le 09 mars 2005 à 17:26
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