© INTERNELe 29 mai, les Français fêteront les mamans mais devront également voter pour dire s'ils approuvent ou non la Constitution européenne. Jacques Chirac a fait savoir vendredi matin dans un communiqué sa décision. Le président de la République avait annoncé le 14 juillet dernier que les Français seraient consultés par référendum sur le traité constitutionnel européen, adopté par les 25 chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne le 18 juin à Bruxelles.
Après le feu vert donné lundi par le Parlement à la révision de la Constitution française préalable au référendum, Jacques Chirac a consulté les dirigeants des formations politiques représentées à l'Assemblée nationale et au Sénat sur la date et les modalités d'organisation de cette consultation.
"Une très bonne date"
En choisissant le 29 mai, le président de la République a opté pour une campagne relativement longue de 12 semaines, soit près de trois mois. A de multiples reprises, Jacques Chirac a annoncé qu'il ferait activement campagne pour le oui au référendum, dont le résultat sera déterminant pour la fin de son second mandat. Mardi, en promulguant la révision constitutionnelle adoptée la veille par le Parlement réuni en Congrès à Versailles, il avait souligné que la Constitution européenne était "une chance pour la France et pour l'Europe".
Fraçois Bayrou a été le premier a réagir. Le président de l'UDF estime qu'il s'agit d'un bonne date et qu'il est "très important de laisser le temps de la campagne électorale, le temps pour chaque Français de se former une conviction et d'échanger des arguments de fond sans précipitation". Nicolas Sarkozy a estimé quant à lui que "c'était une très bonne date". "Trois mois de campagne, c'est exactement ce qu'il fallait", a déclaré le président de l'UMP.
De son côté, Jean-Pierre Raffarin réaffirme que "la bonne réponse, c'est le oui" et que la Constitution européenne "ne pose pas la question du candidat de l'opposition à l'élection présidentielle de 2007", dans une tribune publiée dans Le Monde daté de samedi. Le traité constitutionnel "ne décide pas non plus de l'adhésion de la Turquie, sur laquelle le peuple de France aura le dernier mot par référendum", insiste de nouveau le Premier ministre, qui craint que certains électeurs ne fassent l'amalgame entre ces deux sujets.
Exclus des médias
Du côté de l'opposition, le premier secrétaire du PS, François Hollande, a "pris acte", estimant que c'était "la certitude d'une véritable campagne, d'information, d'argumentation et de conviction". Au FN aussi, on se réjouit du temps laissé à la campagne… mais pas pour les mêmes raisons. Cela "permettra d'exposer les raisons vitales de refuser la Constitution européenne", a déclaré Jean Le Pen. "Si, toutefois, on en donne les moyens" au FN, tempère-t-il. "Car pour l'heure, seul l'appareil d'Etat est en mesure de mener sa propagande".
Même critique à la LCR, où Alain Krivine (LCR) déplore que "jusqu'à présent, les partisans d'un non anti-libéral sont quasiment exclus des médias". Pour LO, Arlette Laguiller se contente de profiter de l'annonce pour "rappeler que Lutte Ouvrière appelle à dire non à cette constitution qui n'apporte rien de positif pour le monde du travail et les classes populaires".
(Image d'archive)
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