La Continental Airlines mise en examen

le 10 mars 2005 à 20h23 , mis à jour le 10 mars 2005 à 20h49

Première mise en examen dans le dossier du crash du Concorde, la compagnie américaine va devoir s'expliquer sur la présence d'une lamelle métallique, provenant d'un de ses avions, sur la piste de décollage le 25 juillet 2000. Un rapport d'experts avait conclu que cette lamelle était directement à l'origine de l'accident.

crash concorde © INTERNE

L'instruction sur le crash du Concorde, responsable de la mort de 113 personnes  le 25 juillet 2000, a connu jeudi un tournant avec la mise en examen de la compagnie américaine Continental Airlines pour "homicides et blessures involontaires". Il s'agit de la première mise en examen dans cette instruction qui s'est limitée pour l'instant à des auditions de témoins et à des expertises. Le juge chargé de l'enquête à Cergy a notifié à une juriste de l'entreprise, dont le nom n'a pas été communiqué et qui était assistée par Me Olivier Metzner, la mise en examen de la compagnie en tant que personne morale. "Au cours de cette procédure, nous allons apporter tous les éléments qui sont absents du dossier et qui démontrent que Continental Airlines n'est pas responsable du crash du Concorde", a indiqué Me Metzner.

Continental Airlines a toujours rejeté toute responsabilité dans ce crash et ce malgré les conclusions accablantes d'un rapport d'experts judiciaires publié en décembre. "Est-ce que les autorités françaises ne sont pas plus protectrices de ce qui était considéré comme un bijou français?", a interrogé l'avocat. Selon Me Metzner "d'autres personnes morales seront très certainement mises en examen" dans ce dossier. Interrogé sur la possibilité qu'Air France, concepteur et exploitant du supersonique, soit visée par les mêmes poursuites, l'avocat n'a pas répondu.

"Continental n'a commis aucune faute"

Pour l'avocat, une chose est sûre : "Continental n'a commis aucune faute que ce soit dans le crash du Concorde". Me Olivier Metzner affirme s'appuyer sur une "enquête des autorités aéronautiques américaines". Pourtant, mardi, un autre responsable de la compagnie avait été entendu comme "témoin assisté" pendant plus de sept heures par le juge Régnard. Ken Burt, vice-président du service technique a dû s'expliquer sur la lamelle métallique du DC 10 de sa compagnie, retrouvée sur la piste et sur laquelle le Concorde avait roulé au décollage.

Le rapport publié en décembre avait souligné "le rôle de causalité directe" jouée dans l'accident par cette pièce métallique. Les experts avaient également souligné "que le remplacement de la pièce d'origine par une lamelle en alliage de titane n'avait pas été autorisé par la Direction de l'aviation civile américaine (FAA)" et que "les règles de la chaudronnerie aéronautique n'avaient pas été respectées". Sur ce dernier point, la compagnie estime quant à elle que "le matériel était parfaitement conforme et plus résistant que celui d'origine".

Mais, outre cette mise en cause de la Continental Airlines, le rapport avait également imputé l'origine du crash "à un défaut important du supersonique" repéré dès 1979 sans que rien ne soit fait pour y remédier.

Photo d'ouverture : image de l'accident de juillet 2000 - archives

le 10 mars 2005 à 20:23
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