Dieudonné, affaire à suivre

le 15 mars 2005 à 15h34 , mis à jour le 15 mars 2005 à 17h25

La Cour de cassation a annulé mardi un arrêt de la cour d'appel de Paris qui avait relaxé l'humoriste pour des propos visant les juifs dans une interview publiée en novembre 2003.

dieudonné tribunal © INTERNE

Dans un entretien accordé au magazine Lyon Capitale en novembre 2003, Dieudonné avait notamment affirmé "les juifs, c'est une secte, une escroquerie, c'est une des plus graves parce que c'est la première". Et aussi : "Le racisme a été inventé par Abraham. 'Le peuple élu', c'est le début du racisme".

Dans un arrêt rendu le 30 juin 2004, la 11ème chambre de la cour d'appel de Paris avait confirmé le jugement de relaxe prononcé à l'encontre de l'humoriste en première instance. Dans ses motivations, l'arrêt de la cour d'appel estimait que si "les termes incriminés, secte et escroquerie rapportés aux juifs, pris en eux-mêmes sont forts et choquants, il convient, comme l'a fait le tribunal, de les replacer dans le contexte de l'article qui fait apparaître à quel point Dieudonné M'Bala M'Bala rejette l'idée du communautarisme et promeut l'universalité de l'être humain".

"L'obsession [de Perben] de voir de l'antisémitisme dans tous mes propos".

Mardi, la chambre criminelle de la Cour de cassation, présidée par Bruno Cotte, n'a pas souscrit à cette analyse. Pour la plus haute juridiction judiciaire française, "les propos litigieux mettaient spécialement en cause la communauté juive, présentée comme 'une des plus graves escroqueries' parce que la première de toutes". De ce fait, "les juges de la cour d'appel n'ont pas tiré les conséquences légales de leurs propres constatations", considère la Cour.

Dieudonné, interrogé par l'AFP, a estimé qu'il s'agissait d'une décision "politique", et a mis en cause des "pressions" exercées par le garde des Sceaux, Dominique Perben, qui a pour "obsession de voir de l'antisémitisme dans tous mes propos". "J'ai été relaxé deux fois dans cette affaire, nous nous préparerons pour comparaître une troisième fois, laissons la justice faire son travail", a ajouté l'humoriste.

La Cour de cassation a renvoyé le dossier devant la cour d'appel de Paris "autrement composée" qui devra donc de nouveau statuer sur ces propos polémiques.

le 15 mars 2005 à 15:34
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience