Dossiers fiscaux disparus : la police enquête

Par Philippe MATHON, le 07 mars 2005 à 08h45 , mis à jour le 08 mars 2005 à 22h22

La brigade criminelle de Paris a procédé à l'interrogatoire de l'ensemble du personnel du centre des impôts de la Place Saint-Sulpice à Paris d'où ont disparu les dossiers fiscaux de six personnalités politiques.

Bercy Impôts Bâtiment sur Seine © INTERNE

Les choses n'ont pas trainé. Immédiatement après le dépôt de plainte du ministre de l'Economie, Thierry Breton, et l'ouverture, par le parquet de Paris, samedi, d'une enquête préliminaire pour "disparitions de documents", les policiers de la brigade criminelle se sont aussitôt mis au travail.

L'ensemble du personnel du centre des Impôts de la place Saint-Sulpice, dans le VIe arrondissement de Paris, a été entendu et notamment les quatre employés ayant accès au coffre, dont deux d'entre eux en détenant la clé. Selon l'AFP, tous auraient affirmé que leurs bureaux n'avaient fait l'objet d'aucune effraction. A l'issue de ces interrogatoires, aucune mesure coercitive (interpellation ou garde à vue) n'a été prononcée à leur égard.

Pour Claude Chirac et Hervé Gaymard, il y "avait autre chose"

Le ministre du Budget, Jean-François Copé, a précisé mardi que sur sept déclarations d'impôts sur le revenu de personnalités conservées dans un coffre du centre des impôts de Paris-Sud, cinq avaient complètement disparu, et une autre partiellement. Ce sont celles de l'ancien ministre des Finances Hervé Gaymard, de Claude Chirac, conseillère à l'Elysée, et des anciens Premiers ministres socialistes Laurent Fabius et Lionel Jospin. Selon l'Express, qui a révélé l'affaire, la ministre déléguée aux Affaires européennes, Claudie Haigneré, et le sénateur socialiste, Robert Badinter, sont également concernés.

Que contenaient ces déclarations fiscales ? "Pas grand chose", assurait ce matin le sénateur socialiste Michel Charasse et ancien ministre du Budget. Mais une "source proche des enquêteurs" citée par l'AFP affirme qu'en ce qui concerne Claude Chirac et Hervé Gaymard, il y "avait autre chose" ("apparemment des enveloppes", avance l'agence).

Toujours selon l'AFP, la disparition de ces documents remonterait à la fin du mois de décembre et n'aurait été constatée qu'à la fin du mois de janvier. D'où la difficulté pour les enquêteurs de procéder aux vérifications nécessaires, le relevé des empreintes par exemple.

(Bercy/archives/DR)

Par Philippe MATHON le 07 mars 2005 à 08:45
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience