"Epargnez-vous la tragédie madrilène"

le 26 mars 2005 à 15h48 , mis à jour le 26 mars 2005 à 16h03

Les lettres expédiées jeudi à l'Elysée et à l'Intérieur, signées "AZF", semblent faire référence à un projet d'attentat, mais sans guère de précision. Elles fixent un rendez-vous début mai aux autorités pour leur indiquer la position d'un engin explosif censé donner du poids aux menaces des maîtres-chanteurs.

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Le mystérieux groupe se présentant sous le nom d'AZF a annoncé, dans les courriers adressés jeudi aux autorités françaises, qu'il prendrait contact avec elles début mai, et a brandi la menace d'un attentat. Toutefois, ces menaces proférées d'un "ton supérieur" et "donneur de leçon", ne donnent aucune indication sur un projet précis.

On savait jusqu'alors seulement que ces lettres, rédigées sur traitement de texte, faisaient état pour le mois de mai de "menaces en vue d'une extorsion de fonds". Samedi, on en a appris un peu plus sur leur contenu. "Epargnez-vous la tragédie madrilène", ont écrit les maîtres-chanteurs, en référence aux attentats de Madrid qui ont fait 191 morts le 11 mars 2004. "Ne méprisez pas la sécurité de vos concitoyens". Mais en-dehors de ces menaces vagues, guère d'explication. La prose se contente de fixer un rendez-vous début mai aux autorités pour la communication des "coordonnées GPS" d'un engin explosif susceptible de donner crédit aux injonctions du mystérieux groupe.

Des "éléments de détonateurs"

Par ailleurs, selon une source judiciaire, des éléments de détonateurs étaient présents dans les deux lettres expédiées de la poste de Meaux. La première enveloppe destinée au ministère de l'Intérieur a été interceptée à la poste de Meaux en raison d'un "incident technique". La deuxième enveloppe, à destination de l'Elysée, a été interceptée avant d'arriver à destination. En revanche, une source proche du dossier a affirmé que seule l'enveloppe à destination du ministère de l'Intérieur contenait un détonateur.

Ces envois, dont l'existence a été révélée vendredi par le parquet de Paris dans un communiqué de presse, ont conduit le procureur de la République à ouvrir une enquête de flagrance visant à déterminer si le ou les auteurs avaient un lien avec le mystérieux groupe AZF apparu en décembre 2003, quelques mois avant les élections régionales. Ce dernier menaçait alors de faire sauter des voies ferrées si on ne lui remettait pas quatre millions d'euros et un million de dollars. Une information judiciaire sur ces menaces avait été confiée le 18 février 2004 au juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière.

Photo (archives) : la neuvième et dernière lettre envoyée par le groupe AZF, postée le 24 mars dans le 14e arrondissement de Paris.

le 26 mars 2005 à 15:48
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