"C'était vraiment la panique..."

Par Philippe MATHON, le 17 mars 2005 à 12h34 , mis à jour le 18 mars 2005 à 22h43

Les régulateurs de vitesse à nouveau sur la sellette. Quelques mois après l'affaire de la "Vel Satis folle", un conducteur de Seine-Maritime affirme avoir été contraint de rouler pendant quarante minutes à près de 90 km/h. Il raconte sa mésaventure à tf1.fr.

Gamada LAGUNA renault

Pour l'heure, la Laguna 2 litres essence de Brahim Gamada dort dans les locaux du garage Renault de La Bouille (Seine-Maritime), près de Rouen. "La direction [Renault] de Rouen m'a demandé de ne pas toucher au véhicule. J'attends maintenant les consignes", expliquait jeudi matin le garagiste à tf1.fr. En attendant d'en savoir davantage, le conducteur ne cache pas son désarroi. "A Renault, maintenant, de m'expliquer ce qui s'est passé. J'ai quand même failli y laisser ma peau et celle de mon fils dans cette histoire. Si je n'avais pas été sur une autoroute et si je n'avais pas eu mon téléphone portable sur moi, je serais sûrement mort aujourd'hui !", a-t-il déclaré au quotidien Paris-Normandie, à l'origine de l'affaire.

Habitant à La Bouille, Brahim Gamada affirme avoir dû conduire près de quarante kilomètres avec son véhicule - une Renault Laguna - bloqué, suite, soutient-il, au blocage de son régulateur de vitesse. Interrogé par tf1.fr, l'automobiliste raconte sa mésaventure : "En prenant la route, j'enregistre mon limitateur à 87 km/h puisque la route est limitée à 90 km/h. Soudain, une voiture placée devant moi a commencé à freiner pour prendre une sortie. J'ai à mon tour essayé de freiner et je me suis rendu compte que mon régulateur était bloqué et qu'il m'était impossible de freiner. J'ai été obligé de doubler la voiture brusquement". 

"Un incident totalement impossible"

Fort heureusement, le conducteur dispose d'un téléphone mobile. Il fait alerter la police par son épouse. Très vite, deux motards le rejoignent sur la route. "C'était vraiment la panique, ils étaient disposés de part et d'autre de ma voiture sur l'autoroute. Ils me parlaient et me demandaient de ne pas sortir de l'autoroute. Et puis, j'ai eu à plusieurs reprises les techniciens de Renault au téléphone. Je suis incapable de me souvenir ce qu'ils m'ont dit précisément. Ils m'ont demandé de retirer la carte de la voiture, c'était impossible car elle était coincée. Ils m'ont demandé d'appuyer cinq fois sur le bouton Start/Stop ; dans la panique, j'ai peut-être appuyé 5, 10 ou 15 fois, je ne sais pas, mais ça n'a rien fait non plus. J'ai appuyé sur l'embrayage, sans effet. Quant aux freins, je n'ai pas pu enfoncer la pédale car elle était toute dure. Mon enfant de cinq ans étant avec moi dans la voiture, je n'ai pas osé tirer le frein à main car j'avais peur de déraper. Au final, je ne sais même pas comment j'ai pu arrêter le véhicule. On a essayé tellement de combinaisons"…. Après quarante minutes d'angoisse, Brahim Gamada a pu s'arrêter sur la bande d'arrêt d'urgence dans l'Eure.

Son véhicule Laguna ayant été remorqué auprès du garage Renault de La Bouille, Brahim Gamada  est maintenant "en négociations" avec Renault pour procéder éventuellement à une expertise. Le directeur régional de Renault lui a glissé qu'un tel incident lui semblait "totalement impossible". "Du jour au lendemain, je me retrouve face à une structure énorme qui doit défendre sa marque, ce n'est pas une situation facile, lâche Brahim Gamada . A l'origine, j'ai acheté une Renault pour conduire en sécurité. Maintenant, je demande simplement qu'on me délivre une voiture toute simple, sans régulateur de vitesse et sans trop d'électronique".

Une histoire qui n'est pas sans rappeler celle survenue en octobre 2004. Un automobiliste du Cher avait alors indiqué avoir été victime d'une déficience du régulateur de vitesse de de sa Renault Vel Satis, qui l'avait contraint à rouler à près de 200 km/h pendant près d'une heure. Deux experts mandatés par le président du tribunal de grande instance de Bourges expertisent le véhicule depuis plus de quatre mois. Leur rapport devrait être achevé dans le courant du mois d'avril.

Photo : M. Gamada.

Par Philippe MATHON le 17 mars 2005 à 12:34
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