Explosion des violences physiques

le 02 mars 2005 à 12h56 , mis à jour le 02 mars 2005 à 22h33

Le nombre des atteintes aux personnes a augmenté de 72% depuis 1996 : tel est le constat alarmant de l'Observatoire national de la délinquance qui publie son rapport mercredi.

La délinquance en France © INTERNE

Pour rendre plus lisibles les chiffres de la délinquance en France et éviter les polémiques, Nicolas Sarkozy a créé en 2003 une autorité "indépendante" composée d'un collège d'experts : l'Observatoire national de la délinquance (OND). Il a rendu public mercredi son premier rapport. Le constat qu'il dresse est sévère puisque selon lui, les statistiques officielles de la police ne renverraient jusque là à l'opinion qu'une image "partielle, parcellaire et partiale parfois" de la réalité du terrain. D'où souvent un décalage entre le "sentiment d'insécurité" et les chiffres de la violence en France.

Le rapport de l'OND montre tout d'abord une explosion des violences physiques depuis huit ans. L'étude révèle que ces atteintes violentes, ou avec menaces de violences, s'établissent à près de 390 000 faits constatés l'an dernier, soit une hausse de 76% depuis 1996. La plus forte augmentation concerne les menaces ou chantages (+ 116% en 8 ans). Les violences sexuelles, quant à elles, ont progressé de 36%.

Depuis huit ans, la situation s'est en revanche améliorée sur le front des atteintes aux biens (cambriolages, vols de véhicules, dégradations, …). Ainsi, le rapport note une hausse modérée de 4,2%. Elles ont fortement augmenté entre 1999 et 2002 avant de baisser en 2003. Les atteintes aux biens ont représenté, en 2004, 2,7 millions de faits constatés, soit à elles seules les 3/4 de la délinquance globale.

13% des personnes se disent en insécurité

Pour la première fois en France, l'Observatoire a ajouté à son rapport les conclusions d'une vaste enquête dite de victimation, menée sur un échantillon d'environ 10.000 personnes interrogées par l'INSEE. Les résultats permettent de saisir ainsi ce qu'est réellement le "sentiment d'insécurité". Un chiffre suffit : 13% des personnes se disent en insécurité dans leur quartier et environ 7% à l'intérieur de leur propre domicile. Certaines professions sont ainsi particulièrement exposées à la violence : les forces de l'ordre bien sûr mais également les commerçants, les pharmaciens, les pompiers ou les agents des impôts (127 attaques en 2003).

Au delà des chiffres, l'OND indique qu'il "n'existe pas de chiffre noir de la délinquance" mais il souligne "la confusion et le manque de fiabilité des dispositifs" qui la mesurent. Pour améliorer la mesure de la délinquance, l'OND préconise dix mesures nouvelles, dont la réalisation d'une enquête annuelle de victimation, portant sur un échantillon de 20.000 personnes, afin de "suivre les évolutions de la délinquance".

Le rapport propose aussi l'enregistrement de l'intégralité des plaintes et leur transmission aux parquets "sans intervention partiale", la création par le ministère de l'Intérieur d'une définition officielle des violences urbaines et l'extension au secteur scolaire privé de l'enquête de l'Education nationale sur les signalements de violences. Il préconise enfin de systématiser les mentions d'âge et de sexe des victimes pour mieux appréhender les infractions les plus couramment commises sur les femmes et sur les mineurs.

le 02 mars 2005 à 12:56
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