François Fillon sur France 2 au soir de la journée de manifestation des lycéens © France 2Le nombre ne le fera pas céder. Tel a été en substance le message, mardi, de François Fillon aux lycéens. Les manifestants "ne représentent pas l'ensemble des lycéens, ils ne représentent pas non plus l'ensemble de l'opinion publique dans notre pays", a-t-il déclaré sur France 2, au soir d'une journée de manifestations qui a vu au moins 165.000 lycéens descendre dans la rue - soit nettement plus que les 100.000 manifestants annoncés au soir du 10 février. "Il y a aussi d'autres lycéens qui expriment leur opinion", a ajouté le ministre, en précisant qu'"une fois que le Parlement est saisi, il n'y a plus de possibilité de variation".
Ferme sur le fond, le ministre de l'Education se veut conciliant sur la forme - à savoir : la mise en oeuvre de la future réforme. "Il y a beaucoup de sujets qui sont sur la table, qui sont liés à l'organisation du lycée, qui sont liés aussi à la mise en oeuvre de la réforme", a-t-il expliqué. Il a précisé que les organisations syndicales seraient invitées à une "concertation" dans le cadre de l'application de la réforme.
Le projet de loi Fillon de réforme de l'Education a été voté le 2 mars à l'Assemblée, et doit encore être examiné par le Sénat à partir du 15 mars. D'où la mobilisation de l'Union nationale lycéenne (UNL) et de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), qui avaient appelé ce mardi à une journée nationale de protestation. Une fois n'est pas coutume, le cortège parisien a été en retrait par rapport à la mobilisation des lycéens dans toute la France. Les manifestations ont eu lieu dans une centaine de villes, la plus importante s'étant déroulée à Toulouse avec un total de 11.000 manifestants selon la police (20.000 selon les organisateurs).
Cortège réduit et ambiance alourdie à Paris
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| Les casseurs se sont invités à la manifestation parisienne - DR |
A Lyon, des incidents ont également éclaté en marge de la manifestation... mais avec des protagonistes différents. Les CRS ont dû tirer des grenades lacrymogènes pour disperser un groupe de lycéens qui échangeait des jets de projectiles avec des supporters du club de football du Werder Brême, dans le centre de la ville. Une dizaine de personnes ont été interpellées.
Beau joueur, François Fillon n'a pas voulu tirer argument de ces violences en marge des cortèges. "Je ne mélange pas les casseurs et les lycéens et je sais très bien que les lycéens font tout ce qu'il peuvent pour que les manifestations se passent dans le calme", a-t-il assuré lors de son intervention sur France 2.
Photo d'ouverture : François Fillon sur France 2 au soir de la journée de manifestation des lycéens - DR
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