Fronde fiscale sur l'île de Ré

le 19 mars 2005 à 20h39 , mis à jour le 20 mars 2005 à 00h49

Victimes de la spéculation immobilière, qui a décuplé le prix des terrains en quelques années, de nombreux petits propriétaires de l'île de Ré se retrouvent imposables sur la fortune... alors même que beaucoup ne sont pas imposables sur le revenu. Une situation choquante que dénonce une association.

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L'île de Ré est à la mode, mais ça ne fait pas forcément le bonheur de ses habitants. Beaucoup, disposant de petites propriétés sur l'île, souvent Rétais de souche, souhaiteraient d'ailleurs la fin d'un tel engouement. Car la renommée a attiré les acheteurs potentiels, désireux de s'installer sur place ; et l'île n'étant pas extensible, ce déséquilibre grandissant entre l'offre et la demande a décuplé en quelques années le prix des terrains constructibles. Faisant par là le bonheur des spéculateurs... mais non des petits propriétaires qui se retrouvent soudain assujettis à l'impôt sur la fortune.

Une association de défense des habitants de l'île de Ré (Adhir), proteste contre cette conséquence de la pression foncière. Selon la présidente de l'Adhir, Valérie Constancin, "il y a environ 500 personnes assujetties à l'ISF sur l'île. Ce sont des gens qui majoritairement sont des propriétaires viticoles ou agricoles ou des ostréiculteurs qui ont consacré leur vie, depuis l'âge de 14 ans, à l'entretien de terres familiales", touchées par la spéculation immobilière.

"Inégalité devant l'impôt"

Le comble, selon Valérie Constancin, "c'est qu'on a affaire à des gens qui majoritairement ne sont pas imposables au titre de l'impôt sur le revenu". Ainsi, sur l'île de Ré, un terrain constructible de 1.000 m2 ou une maison de 90 m2 peuvent donner lieu à l'assujettissement à l'ISF, ce que ne fera pas une propriété identique dans une autre région, selon Valérie Constancin. "Il y a là une inégalité devant l'impôt", estime-t-elle.

Par ailleurs, beaucoup de personnes de l'île ne savent pas qu'elles sont redevables de l'ISF et doivent acquitter de lourdes pénalités de retard. "C'est un impôt déclaratif, et bien souvent les gens l'ignorent. Ils sont rattrapés par les services fiscaux à l'occasion d'une succession ou d'une mise à jour du cadastre", explique Mme Constancin. Certains rattrapages ont ainsi été fatals aux économies de ces personnes, selon la présidente de l'Adhir. L'association revendique 160 adhérents dont les trois quarts sont des rétais de souche, issus de familles implantées depuis des générations sur l'île.

Photo d'ouverture : un petit propriétaire de l'île de Ré, demandant conseil à un expert-comptable - DR

le 19 mars 2005 à 20:39
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