La "grande muette" devient bavarde

Par AG (avec afp), le 16 mars 2005 à 10h10 , mis à jour le 16 mars 2005 à 18h20

Le nouveau statut général des militaires, adopté dans la nuit de mardi à mercredi par le Parlement, prévoit notamment que les soldats pourront s'exprimer publiquement sans avoir à demander l'autorisation.

bunia militaires français © INTERNE

Les députés ont définitivement adopté dans la nuit de mardi à mercredi le texte portant réforme du statut général des militaires. L'UMP, l'UDF et le PS ont voté pour. Le PCF avait annoncé en début de soirée qu'il comptait s'abstenir sur ce texte, mais aucun député communiste n'était présent au moment du vote. Parmi les principales dispositions, le texte offre aux militaires le libre exercice des responsabilités associatives et les libère de "l'autorisation préalable" avant toute prise de parole publique. Une révolution au sein des armées, la "Muette" devient bavarde. Toutefois, le texte adopté par les parlementaires réaffirme deux interdictions : celle d'adhérer à un parti politique et celle de faire grève.

Lors des débats, le député socialiste Jean-Claude Viollet a estimé que ce texte "marquait une évolution sensible". Il a cependant regretté que ce projet n'ait pas "permis de faire évoluer les droits de nos militaires afin qu'ils soient pleinement citoyens en même temps que pleinement soldats". De même, Maxime Gremetz (PCF) a critiqué la "frilosité" du texte concernant les droits syndicaux et politiques des militaires.

Prime au mérite

Le nouveau statut qui remplace celui de 1972 repousse également les limites d'âge de départ de trois ans en moyenne de façon à "concilier l'impératif de jeunesse et la réforme des retraites" dans le civil. Il permettra aussi de mieux protéger juridiquement les militaires en opérations extérieures (opex), et de prendre en compte les blessures et les décès survenus, en toutes circonstances, entre le début et la fin de telles opérations.

En outre, ce texte institue une "prime au mérite", très critiquée à gauche. Pourront ainsi s'ajouter à la solde "des indemnités particulières allouées en raison des fonctions exercées, des risques encourus, du lieu d'exercice du service ou de la qualité des services rendus". M. Viollet a défendu, en vain, un amendement visant à supprimer cette prime qui agira, selon lui, "à l'encontre de l'esprit de solidarité qui prévaut dans nos armées et risquera de mettre à mal l'indispensable cohésion des personnels". M. Gremetz a présenté le même amendement, également rejeté par l'Assemblée, jugeant que cette idée "n'était fondée sur aucun critère objectif" et que "l'immense majorité des militaires" n'y étaient pas favorables.

Par ailleurs, si les "principes fondamentaux d'esprit de sacrifice, discipline, disponibilité, loyalisme et neutralité" sont réaffirmés, le soldat (à l'exception du légionnaire durant ses 5 premières années de service actif) ne devrait plus devoir demander une autorisation pour se marier avec un étranger, ni devoir déclarer la profession de son conjoint.

Par AG (avec afp) le 16 mars 2005 à 10:10
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience