© TF1Ils ont bravé de gros flocons pour défendre leur école, leur bureau de Poste, leur hôpital... Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Guéret, dans la Creuse pour défendre les services publics.
"C'est une réussite, avec quelque 7.000 personnes dans les rues de Guéret. Et sans la neige, nous aurions facilement atteint les 10.000 participants", a affirmé Bernard Defaix, porte-parole du collectif creusois organisateur de ce rassemblement. La police a recensé 3.900 personnes.
Elus locaux, responsables politiques de gauche, syndicalistes, responsables associatifs, salariés et usagers ont défilé deux heures durant dans les rues du chef-lieu de la Creuse derrière une banderole proclamant "En Creuse comme partout, défendons nos services".
Des opposants à la Constitution dans les rangs
De nombreuses pancartes et autocollants en faveur du "non" au référendum sur la Constitution européenne étaient également visibles. "Il y a un débat qui divise cette manifestation, c'est celui du 'oui' ou du 'non' à la Constitution européenne", a reconnu Alain Lipietz, député Vert européen. "Le sens de notre présence, c'est de défendre les services publics. Défiler en détournant l'objet même de la manifestation c'est rendre le meilleur service à Jean-Pierre Raffarin", a déclaré le premier secrétaire du PS, François Hollande, hué par des opposants au traité et visé par quelques boules de neige. Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a au contraire estimé que "le référendum sera l'occasion de dire que nous ne voulons plus des politiques libérales du gouvernement".
Pour beaucoup, l'annonce par le Premier ministre d'une conférence nationale sur l'avenir des services publics est de la "poudre aux yeux". "Je n'ai aucune confiance dans les propositions du gouvernement", a lancé Philippe Breuil, conseiller général PS démissionnaire du canton de la Courtine (Creuse). "D'autant que les syndicats sont exclus de cette conférence, ce qui montre bien que le gouvernement ne donnera pas les réponses attendues par les citoyens", a renchéri M. Le Reste. Jean Auclair, député UMP de la Creuse, a dénoncé dans un communiqué cette "mascarade organisée par le PS", dénonçant "une défense ringarde des emplois publics" dans un souci électoral.
La Creuse a pris la tête de la lutte contre la disparition des services publics depuis le mouvement de révolte de 263 élus, dont 28 maires et un conseiller général, de toutes les tendances politiques, qui avaient présenté avec fracas leur démission, le 23 octobre 2004. Ils protestaient contre l'annonce de la fermeture, sans concertation, de cinq perceptions.
(Image TF1 : Guéret le samedi 5 mars 2005)
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