
Didier Julia, dans le collimateur de son parti après ses propos sur Jean-Pierre Raffarin dans le cadre de l'affaire Florence Aubenas, s'est mis mardi soir "en congé" de l'UMP, en attendant une éventuelle décision du bureau du groupe mardi prochain. La nouvelle de sa décision a été annoncée par un communiqué du président du groupe UMP Bernard Accoyer, qui déclare en avoir "pris acte".
Bernard Accoyer avait convoqué Didier Julia mardi en fin d'après-midi durant une trentaine de minutes, en présence du président de la commission des Affaires étrangères Edouard Balladur, après son interview lundi à une télévision italienne. Dans cette entretien, Julia avait déclaré à propos de Florence Aubenas, otage en Irak depuis le 5 janvier : "Si c'était la fille de M. Raffarin qui était prisonnière, on en aurait parlé discrètement, les négociations auraient déjà commencé et seraient peut-être déjà achevées".
Des propos "tout à fait inadmissibles"
Bernard Accoyer avait qualifié mardi matin ces propos de "tout à fait inadmissibles", précisant qu'il allait demander à Julia de "s'excuser et de se justifier". Le président du groupe UMP avait annoncé que "le bureau" serait informé "la semaine prochaine de cet échange et prendrait, s'il le juge utile, les décisions en ce qui concerne M. Julia". Il n'avait pas écarté des sanctions, sans toutefois dire lesquelles "pour ne pas anticiper ce qui sera écouté et décidé ensuite". Condamnation unanime également mardi lors de la réunion du groupe UMP, certains estimant que Julia avait "franchi la ligne jaune" et devait être "exclu". Lors de la réunion du bureau, Nicolas Sarkozy aurait qualifié, selon son entourage, les propos de Julia de "pas supportables" et "particulièrement déplacés", évoquant lui aussi une sanction. Finalement, Didier Julia a pris les devants.
Le député UMP était déjà en butte aux critiques de son parti après le fiasco de son équipée fin octobre 2004 pour tenter de libérer les deux ex-otages français en Irak Christian Chesnot et Georges Malbrunot . A cette époque, Didier Julia avait été menacé un temps d'être exclu du groupe UMP. Finalement, il avait seulement été "unanimement condamné" le 18 janvier pour son "initiative irresponsable", en attendant l'issue de l'information judiciaire ouverte fin décembre contre lui. Le parlementaire s'est retrouvé une nouvelle fois en première ligne après la diffusion le 1er mars d'une cassette vidéo où la journaliste de Libération implore son aide. Jean-Pierre Raffarin, qui dans un premier temps avait publiquement sollicité Julia dans cette affaire, l'avait définitivement mis hors jeu le 3 mars, en affirmant qu'il ne possédait aucun "élément nouveau ni concret".
Photo d'ouverture : Didier Julia - archives
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