© TF1Ici et là, certains lycéens ne fléchissent pas contre la loi Fillon. Même si la réforme voulue par le ministre de l'Education a été adoptée, le mécontentement continue, et parfois sous des formes plus virulentes que la traditionnelle marche avec forces banderoles et slogans.
Une proviseure molestée
Le fonctionnement d'une vingtaine de lycées parisiens a été perturbé jeudi. Selon le rectorat, "environ 1.500 lycéens sur 72.000 à Paris se sont mobilisés". Une manifestation devait avoir lieu de la place de la République au Panthéon, sans appel des syndicats. Plusieurs lycées ont été fermés par leurs proviseurs. Le lycée Sophie-Germain, évacué mercredi par les forces de l'ordre reste fermé jusqu'à lundi. "La proviseure du lycée Turgot a été molestée par des lycéens, elle a notamment reçu des coups de poing dans la figure alors qu'elle tentait de faire sauter les chaînes et barrières qui bloquaient le lycée dans la matinée", a affirmé le rectorat, qui a estimé que c'était "honteux de la part de lycéens qui se disent responsables et citoyens". Par ailleurs, des barrages plus ou moins filtrants ont été installés devant plusieurs lycées comme Henri IV ou Jean-Baptiste. Des lycéens des Hauts-de-Seine ont également affirmé avoir envahi le campus de l'université Paris X-Nanterre afin de convaincre les étudiants de les accompagner à la manifestation parisienne.
A Bordeaux, une cinquantaine d'élèves du lycée Magendie ont formé une chaîne humaine pour bloquer l'accès de l'établissement. Les lycéens d'une demi-douzaine d'établissements se sont également rassemblés devant le rectorat où une délégation devait être reçue. A Pau, des dizaines d'élèves accompagnés de parents ont campé dans le lycée Saint John Perse. Jeudi matin, ils ont bloqué les grilles de l'établissement, empêchant quelque 350 élèves d'entrer et empêchant la tenue des cours, selon la direction de l'établissement.
"Journée lycée mort"
Poursuite des actions également dans une quinzaine de lycées de la région Midi-Pyrénées où l'on assistait à un retour à la normale dans certains établissements et un durcissement dans d'autres. A la mi-journée, le rectorat faisait état de sept occupations nocturnes dans la région, d'une dizaine de lycées bloqués où les cours n'ont pas lieu et de barrages filtrants dans plusieurs établissements.
A Orléans, 200 jeunes ont défilé dans les rues pour que "la mobilisation continue". "Les cours se poursuivent normalement dans les établissements" a-t-on indiqué au rectorat. Environ 200 lycéens ont bloqué l'entrée des lycées Descartes et Pascal, dans le centre de Tours et dressé "un piquet de grève" pour "une journée lycée mort" selon une porte-parole des lycéens. Des "blocages souples" permettant à ceux qui le souhaitaient d'entrer ou de sortir. Ils n'ont pas empêché la tenue des cours.
(Image d'archives/DR)
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